26.10.2006

l'exorciste administratif, chapitre 6

Bon, suite un peu courte de mon exorciste, juste avant l'attaque de la porte des enfers (popom popom popom). A la votre.

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14h51. 

 

La voiture de fonction d’Alan refroidissait doucement. Il se tenait avachi sur la portière ouverte, son nouveau collègue en train de fouiller ses nouveaux dossiers dans un attaché-case  posé sur le toit du véhicule. Les roues avant étaient arrêtées à quelques centimètres de la marque à la craie blanche qui indiquait le début de la zone dangereuse.

Alan sortit un nouveau cigare de sa veste et, d’un signe de tête, laissa son nouvel apprenti récapituler le cas :

« Cas numéro 193, émergence d’une porte des enfers en zone industrielle. La porte a été repérée par un témoin civil il y a quatre jours de cela, témoin qui a aussitôt prévenu les autorités avant d’aller se constituer prisonnier à l’hôpital psychiatrique le plus proche. La zone d’influence de la porte est estimée sur une surface de 530 m² environ. Les premières analyses faîtes n’ont pas permit de rentre en contact avec le ou les démons responsables de cette irrégularité. »

Damien repris doucement son souffle, laissa son regard glisser dans le vide devant lui pour reprendre d’une voix plus claire : « D’après les études prospectives du bureau, la zone d’influence de la porte serait d’assez faible importance.

-Mouais. D’après mes études prospectives à moi, les études prospectives du bureau sont faîtes par des incapables mis au placard. Regarde bien devant toi, la route, notamment, tu ne remarques rien ? »

David scruta l’horizon du regard… Rien. Pour lui, s’il n’avait pas eut les coordonnées exactes de la marque blanche qui déterminait le contour de la zone, il aurait été incapable de deviner quoi que ce soit :

« Heu… Je ne voie rien de particulier, chef. »

Une gigantesque claque sur le haut du crâne poussa Damien à plisser les yeux pour mieux distinguer ce que son chef voulait lui indiquer. Quelque chose était…décalé, l’image elle-même semblait un peu plus sombre à force de s’user les yeux. Au bout de quelques instants, la route était devenue invisible, entourée par un halo noir impénétrable.

Damien recula un instant sous le coup. A peine avait-il rouvert les yeux que la route était à nouveau là sous ses yeux.

La voix d’Alan était grave : « Un déguisement. En clair, ce que nous voyons de la route qui continue n’est qu’une image projetée pour tromper les passants. Le fait de concentrer son regard empêche le brouillard de renvoyer l’illusion, une sacrée habitude à prendre, d’ailleurs, petit, ne jamais regarder quelque chose à la légère. » Il alluma le cigare qui lui pendait aux lèvres depuis leur arrivée : « Pfff… pfff… zone de faible importance, mais bien sûr… je vous en fouttrais des zones de faibles importances. Tu vois, petit, le problème de ces déguisements, c’est que si tu t’avises de rentrer à l’intérieur de la zone sans t’être rendu compte de ce qui clochait, tu ressors quelques secondes après de l’autre côté, content comme un merle de ta petite ballade, le cerveau lavé de tout souvenir. Enfin. De souvenirs que tu n’as jamais vécu, en fait…mmmm… Un problème, petit ? »

Damien s’était en effet accroupi et était figé en une pose grotesque, maintenant un caillou devant lui, les yeux exorbités. Il répondit le plus sérieusement du monde, la mâchoire crispée : « je m’entraîne à regarder, chef. Imaginez que ce caillou soit un petit démon qui n’attende que notre départ pour nous grignoter le cul, je »

Damien atterrit sans grâce à quelques mètres d’Alan, se rattrapant assez malheureusement de la mâchoire supérieure. Alors qu’il tentait de ré insérer les dents extraites dans les interstices de ses gencives, il demanda d’une voix concernée : « Du foup, chef, on affend quoi pour y aller ?

-On attend un copain à moi. Un faussaire de premier ordre avec qui j’ai pas mal bourlingué durant les dernières années. A ce sujet, je préfère te prévenir, il se vexe facilement, donc évite les blagues faciles sur son nom et son physique, je te prie

-Pas mon genre, chef. Pourquoi, il a un nom efrange ?

-Ringo Star. Une vieille histoire, je te raconterai, il n’a pas vraiment choisi.

-Mon dieu… Si en plus il est mal foutu, il ne doit pas beaucoup s’amuser.

-Mal foutu, mal foutu… » Alan resta un temps pensif. « Je n’irais pas jusque là, tu sais. Un mettre 80, brun, yeux gris, non non, ce n’est pas qu’il est mal foutu, le problème,

-C’est quoi alors ?

-Et bien… » Alan semblait embarrassé… « Juste qu’il est mort depuis huit ans. Du coup, forcément, niveau hygiène, c’est pas formidable formidable. Non pas qu’il se délaisse, hein,j’ai pas dit ça. Serait plutôt le contraire, d’ailleurs, c’est un maniaque de l’apparence, mais bon, quand on est mort depuis si longtemps, on perd forcément en charisme, j’imagine. »

Damien qui venait de replacer sa dernière molaire n’eut pas réellement le temps d’approfondir le sujet, à peine put il articuler à voix basse : « Mort…depuis…huit…ans… » qu’un nuage de fumée à l’horizon témoignait de l’arrivée d’une autre voiture.

Alan souffla une vaste nuée qui s’enroula autour de son cou avant de lâcher, visiblement satisfait : « Ponctuel, par contre, ce garçon, pour un zombi, c’est plutôt rare. Bien content de l’avoir avec moi, celui là va nous être sacrément utile. »

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