30.04.2009
L'idiot
Petite nouvelle écrite au hasard pour aujourd'hui, à déguster avec des chips et des olives...
L'idiot.
L'Idiot ne fut pas de tout temps et de tout vent l'Idiot. Comme toute création incroyable, il ne fut d'abord qu'une éventualité, un soupçon, puis un simple idiot. De ce chemin de vie qui forgea son caractère et ses doutes, chaque seconde eut son poids, chaque rencontre dirigea un peu plus ses pas vers cet état magnifique.
Quand il n'était que petit idiot, il était un héros, il dirigeait milles mondes d'une main menue et ne s'arrêtait jamais dans sa course pour de simple mots.
Mais toute chose se devant de donner naissance à sa cause, l'idiot devint un jour, au fil de sacrifices grisâtres et de joies saumâtres l'Idiot.
L'Idiot est sympathique. Il aime rire et montrer ses dents. Il aime savoir aussi. Car l'Idiot se pique d'esprit, et n'hésite jamais à dérouler sa langue en public. Est il possible de rebondir sur un apéritif d'une saillie cynique ou de mâcher quelques évidences qui rouleront sur le ventre de ses convives et il sautera sur l'occasion, roulant de sa mâchoire et d'un ricanement sec.
L'Idiot n'est pas idiot : le monde est fait de connaisseurs, et personne d'autre que lui même n'est mieux placé pour se décorer de l'ordre. Tout le monde fait ainsi, et il faut bien vivre.
Il faut bien vivre.
Et bien vivre n'est pas si difficile. Car un beau jour, l'Idiot se décide à combattre Dieu et la Magie, l'Universel et ses rêves, la Beauté et ses miracles. Car l'Idiot ne peut plus vivre avec de pareils confettis dans les cheveux, ils sont devenus insupportables, ils lui glissent dans les yeux chaque fois qu'il tente de s'ébrouer pour rassurer ses ulcères. Dans ces moments là, l'Idiot n'ose plus que chuchoter, il se palpe le ventre en écoutant son âme et tente de digérer une fois pour toute les troubles qui le malmènent.
Il faut donc en finir! Et voilà l'Idiot qui se met en garde, il fend l'air en riant, se retourne brusquement sur lui même, s'aplatit à terre pour vérifier sous la commode. La magie n'est pas là! Montre-t-il du doigt son plafond, son lit ou ses fenêtres que rien n'apparaît, rien d'autre que le vide. Le triomphe se rapproche. Car un mystère se noie sous des mots, des doutes, des vous-savez-bien... S'il suffit de cracher sur la beauté pour qu'elle redevienne un pauvre papier peint pour simples d'esprit, pourquoi se gêner? Et peut être même se cache là la Preuve! Car de petits bonds en bruits de gorge, l'Idiot a convoqué son tribunal. Regardez, s'écrie-t-il devant les jurés, regardez! Il n'y a rien! Rien!
Les jurés sont conquis. Une expertise semble même inutile, car chacun peut en convenir, il n'y a rien. Qui oserait s'opposer à pareille merveille de logique? Et s'il n'y a rien, alors, mais alors, nous voilà seuls et libres. Libres de se goinfrer de mots et de lueurs sans valeurs, car qu'est-ce qui peut bien garder une quelconque valeur maintenant?
La vie, cette constipation biologique?
Le ciel comme un vomis gazeux à peine tolérable?
Non, non... Faîtes vos comptes d'apéritifs, il ne reste plus rien.
La nuit, l'Idiot n'ose plus rêver. Car ce sont les enfants qui rêvent, les adultes eux se collent des néons aux cornées tout en buvant de la badoit.
L'Idiot est un peu triste.
L'Idiot ne fut pas de tout temps et de tout vent l'Idiot. Comme toute création incroyable, il ne fut d'abord qu'une éventualité, un soupçon, puis un simple idiot. De ce chemin de vie qui forgea son caractère et ses doutes, chaque seconde eut son poids, chaque rencontre dirigea un peu plus ses pas vers cet état magnifique.
Quand il n'était que petit idiot, il était un héros, il dirigeait milles mondes d'une main menue et ne s'arrêtait jamais dans sa course pour de simple mots.
Mais toute chose se devant de donner naissance à sa cause, l'idiot devint un jour, au fil de sacrifices grisâtres et de joies saumâtres l'Idiot.
L'Idiot est sympathique. Il aime rire et montrer ses dents. Il aime savoir aussi. Car l'Idiot se pique d'esprit, et n'hésite jamais à dérouler sa langue en public. Est il possible de rebondir sur un apéritif d'une saillie cynique ou de mâcher quelques évidences qui rouleront sur le ventre de ses convives et il sautera sur l'occasion, roulant de sa mâchoire et d'un ricanement sec.
L'Idiot n'est pas idiot : le monde est fait de connaisseurs, et personne d'autre que lui même n'est mieux placé pour se décorer de l'ordre. Tout le monde fait ainsi, et il faut bien vivre.
Il faut bien vivre.
Et bien vivre n'est pas si difficile. Car un beau jour, l'Idiot se décide à combattre Dieu et la Magie, l'Universel et ses rêves, la Beauté et ses miracles. Car l'Idiot ne peut plus vivre avec de pareils confettis dans les cheveux, ils sont devenus insupportables, ils lui glissent dans les yeux chaque fois qu'il tente de s'ébrouer pour rassurer ses ulcères. Dans ces moments là, l'Idiot n'ose plus que chuchoter, il se palpe le ventre en écoutant son âme et tente de digérer une fois pour toute les troubles qui le malmènent.
Il faut donc en finir! Et voilà l'Idiot qui se met en garde, il fend l'air en riant, se retourne brusquement sur lui même, s'aplatit à terre pour vérifier sous la commode. La magie n'est pas là! Montre-t-il du doigt son plafond, son lit ou ses fenêtres que rien n'apparaît, rien d'autre que le vide. Le triomphe se rapproche. Car un mystère se noie sous des mots, des doutes, des vous-savez-bien... S'il suffit de cracher sur la beauté pour qu'elle redevienne un pauvre papier peint pour simples d'esprit, pourquoi se gêner? Et peut être même se cache là la Preuve! Car de petits bonds en bruits de gorge, l'Idiot a convoqué son tribunal. Regardez, s'écrie-t-il devant les jurés, regardez! Il n'y a rien! Rien!
Les jurés sont conquis. Une expertise semble même inutile, car chacun peut en convenir, il n'y a rien. Qui oserait s'opposer à pareille merveille de logique? Et s'il n'y a rien, alors, mais alors, nous voilà seuls et libres. Libres de se goinfrer de mots et de lueurs sans valeurs, car qu'est-ce qui peut bien garder une quelconque valeur maintenant?
La vie, cette constipation biologique?
Le ciel comme un vomis gazeux à peine tolérable?
Non, non... Faîtes vos comptes d'apéritifs, il ne reste plus rien.
La nuit, l'Idiot n'ose plus rêver. Car ce sont les enfants qui rêvent, les adultes eux se collent des néons aux cornées tout en buvant de la badoit.
L'Idiot est un peu triste.
14:24 Publié dans 02::Envers_Dun_Decord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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