24.10.2008

Du papier dans le ciboulot



Mes félins, mes félines, bonjour. Quema ayant exprimé le désire innocent de vous ronronner aux oreilles quelque nouvelle, vous êtes priés malgré l'infériorité manifeste et rampante de votre pitoyable espèce dépourvue de fourrure et de crocs de dresser vos oreilles humaines et d'écouter sagement les miaulements du Divin Chat.

Ma ma maaaaouuuu. Ma ma miiiouuuuu. Ronronron ronron ron patapon
Etres inférieurs montrez votre ventre, et roulez vous tel la souris dépecée qui s'agite encore en dressant vos oreilles sous ma beauté. Ceux d'entre vous qui mangent du papier, c'est bien, les autres, ouvrez la gueule et essayez. Ceux d'entre vous dans le grand panier, c'est encore mieux, les autres, cachez vous sous le canapé, car une tête vide d'écureuil ne contient que deux noisettes.
Chers humains, bonjour. Installez vous en rond les pattes bien repliées contre le corps et ouvrez un œil mutin sur ce que j'ai à vous dire, car cela est important. Mes miaulements concernent les humains qui aiment lire, et aussi ceux d'entre vous qui résident à Paris , car ils ont là une occasion unique d'oter un peu de l'air qui occupe leurs cervelles pour y insérer de belles et bonnes choses.

Merowww Cantine, Miou miou mi mi miou rrrmiou fccht Ringo Star
A La Cantine, où milles lucioles imaginaires fatiguent nos moustaches mais nos coussinets sont biens, car un mille feuille de papier de Philippe Aigrain, être laid et rose mais la tête plus lourde. Ringo Star était vraiment une tapette.
En effet, aura lieu à La Cantine, lieu multimédia et confortable rempli de poufs et de murs électriques, le lancement du nouveau livre de Philippe Aigrain, être de votre espèce qui certes n'a pas de coussinets mais semble avoir la cervelle un peu plus remplie. Ce livre, "Internet et Création", sera diffusé sous Licence Creative Commons par léditeur, In Libro Veritas

miou::new_instance(miou)
Car une luciole sur une autre luciole fait milles lucioles, des paniers flous dans d'autres paniers font un super panier du ronron qui tue. Certains ont de belles oreilles, d'autre non, chacun ses oreilles et elles seront bien gardées.
Car Internet et création ont partie liée, les échanges culturels alimentant la gigantesque expansion d'internet qui à son tour offre un espace à de nouvelles formes d'arts et d'expressions. Alors que certains n'y voient que destruction et anéantissement de la création, arc-boutés sur leur modèle de l'industrie culturelle de masse, Philippe Aigrain propose une autre vision, avec un ouvrage qui défend la liberté des échanges entre internautes et un financement de la création, et livre un véritable plaidoyer pour changer notre regard sur l'internet et développe des propositions concrètes pour organiser leur futur commun.

Rrrr rrrr miou rrrr rrrr miou rrr rrrrmia I'm a Miouuu lone some miou-booyy
Toujours sur le ventre pour du papier, car le papier ça rend fort et beau, et ça donne des coussinets doux et rebondis.
Et puisque nous parlons de ronronnements inscrits sur du papier (ce qui, sois dit en passant, nous fait copieusement marrer mais bon, hein), sachez aussi que sortira le 19 novembre le livre "Urgence de la métamorphose" de Laurence Balanski et Jacques Robin, préfacé par Edgar Morin (celui là même de qui le chaton devenu votre hochet de la république se réclamait).

Raou?
Raoul, rentre à la maison.
A cette occasion, une soirée débats avec Edgar Morin (Sociologue), René Passet (Economiste), Patrick Vivret (Philosophe),Mathieu Pasquini (Editeur), et Laurence Baranski aura lieu à la Mairie du III° arrondissement le mercredi 19 novembre à 19h30, organisée par le collectif Libre Accès

Fccchtt
Vous pouvez tous crever la gueule ouverte, car je suis plus belle que vous.
Ainsi j'ai parlé, et merci aux humains qui ont réussi à saisir la beauté miraculeuse des petits sons aigus qui sortent de ma gorge.

19.10.2008

Istanbul...

Bon, extrême déception. Impossible de remettre la patte sur ce foutu article du monde sur l'association montée par Tom York (ancien camarade de billes de Pette qui lui aurait par ailleurs échangé le thème de Karma Police contre quatres billes qui brillent et deux calots, signe que notre défenseur de la disco et papa de Mornings a fait du chemin depuis dans son sens des affaires), l'association montée par Tom, donc, rassemblant pas mal d'artistes afin de rétablir quelque peu le poids entre, à ma gauche, les gratouilleurs de guitare et autres sculpteurs de songes harmoniques et, à l'autre gauche, les majors et autres babylones en sucre qui vendent de la musique à donf parce qu'on est jeune et qu'on a tout compris au business, coco.

Dans la mesure où le même tom avait avec Radiohead sorti un clip en Creative Commons, il en deviendrait presque sympathique à Quema s'il n'affichait pas cette ressemblance flagrante avec Ringo Star qui nous laisse supposer un complot mondial sur plusieurs centaines d'années à base de musique et de cheveux décoiffés pour conquérir le monde.

'fin bon, impossible de mettre la papatte sur ce truc, donc on va plutôt coller ici des jolies images d'Istanbul la ville des chats. Et des images statiques, tiens, les photochimsotrons débarqueront plus tard.

Première photo d'une expo qui a eu lieu sur Isticlal Cadesi (au dessus de Pigalle dans le Beyoglu pour ceux qui savent articuler Techekur Ederim sans rougir). Le sieur reproduisait plusieurs totems du pays sur son torse dans la plus tranquille immobilité.


Seconde photographie de Galipdede Cad. Couleurs un peu bof bof pour le coup...


Et dernière photographie prise dans le coin de SultanyaMeth, aussi appelé en turc "La où en range les troupeaux de touristes pour ne pas les perdre." Mur marrant recouvert d'éclats.


Et il y aura du photochimsotron au menu pour les prochaines, comme promis.

15.10.2008

Une analyse fort judicieuse et pertinente de la crise économique par Quema.

Nous avons le plaisir d'apporter aux yeux du monde l'avis éclairé et éclairant de Quema, chat de son état et aussi appelée "Je suis belle et désirable", sur la profonde crise économique que traverse notre pays. Comme à l'accoutumée, ses paroles sont données successivement en miaulements, en une traduction miou à mot pour l'intérêt linguistique et culturel que présente le chat pour nous, êtres inférieurs, et enfin en une traduction plus libérale mais plus compréhensible.



Fccccht Miou! mi miou merrow miou! miou miou fcccht Maou!
Créatures méprisables, présentez coussinets et oreilles fort laides, car je suis bonne et douce. Dans vos oreilles des vérités trop soyeuses pour ceux sans poils, mais tellement idiots que la pitié fait vibrer nos délicates moustaches.
Chers êtres inférieurs, installez vous et prêtez une oreille à mes propos car, dans ma très grande bonté, j'ai décidé de partager avec vous quelques fragments de la sagesse infinie des chats dans les tourments qui occupent ces temps ci vos corps chauves et abjects.

Miaou miou, rrrr rrrr fcccht miou merrow Mrow Miou...
Je présenterai surement mon derrière sur la fin de ces miaulements, car vous êtes primitifs comme la souris en peluche qui ne se défend pas. Mais nous ronronnons, vous ronronnez et des ronronnements sur ceux qui ne savent que glapir, ceux qui ne savent que nous caresser et ceux qui attendent le saumon éthéré éternellement. Lequel est moins laid, qui le sait, mais, deux grains de sable sous le vents et coussinets aveugles sous le sable.
Naturellement, je ne m'attend que très peu à ce que la sagesse que j'ai décidé dans ma grande bonté de vous offrir trouve son chemin au sein de votre conscience. Néanmoins, il est dit que les êtres supérieurs comme nous, les chats, se doivent d'assister à la très lente évolution que connaissent les espèces supérieures comme les chiens, les humains ou encore les plantes en pot. Encore qu'il me soit impossible de savoir quelle espèce parmi celles que j'ai cité soit plus digne d'intérêt que les autres, mais comme nous disons d'habitude, "Comment distinguer de deux grains de sable celui qui s'envolera le plus vite?"

Mrrrr merrowwww. Merrerrow? Miou!! Miou Merrise Grooonomiaouique maou fcht miou!
Donc ronronnements et miaulements sans espoir, mais vous êtes idiots en plus d'être laids et nos esclaves que vous êtes si trop malheureux ne caressent plus très bien. Votre "Crise économique" ridicule sur un panier d'osier mais le canapé est plus haut que le panier, donc on voie plus de choses. Un jour vous serez peut être poilus et élégants mais pas aujourd'hui, ni un aujourd'hui sur une lune d'aujourd'hui. Présentez vos oreilles disgracieuses.
Si donc je prend les miaulements en ce jour béni pour éclairer vos pâles cervelles, c'est que votre espèce est en proie à des tourments ridicules qui, quand ils ne nous font pas hurler de rire, provoquent chez nous une profonde consternation. Je veux miauler de ce que vous désignez par "crise économique", ou "krach boursier", et que nous appelons entre nous "la nouvelle connerie des rosâtres". Cette fameuse "crise économique" est le résultat évident de la profonde sous évolution de votre espèce et met en abîme l'immensité du chemin qu'il vous reste encore à parcourir pour un jour être digne de nous, vos maîtres absolus. Aussi, écoutez de vos deux oreilles et tentez autant que vous pouvez de comprendre mes ronrons délicats.

Merrise Grooonomiaouique miou fcccchhht! rrr rrr miou merrowww squick! squick! rrrrrrrrrr
"Crise économique" comme tous les êtres de boues, pas de poil, et nus. Dans les lunes perdues, aussi le même problème, car ceux qui chassent de tout petits soleils comme une proie pour manger le meilleur des saumons ou le plus fin des poulets grognent le ventre vide. Chez vous, des écureuils parmi les esclaves vous ont menti en vous endormant sur les lumières ridicules, puis ont caché les lumières sous un gigantesque coussin de pierre.
Ce que vous appelez "Crise Économique" est déjà le résultat d'un travers commun à toutes les espèces primitives, qui est la fascination pour ce qui brille et s'agite. Cette fascination navrante a été la cause, dans la préhistoire des chats, de nombreux décès de nos frères qui chassaient des lucioles dans le noir en croyant que la brillance aurait le goût du meilleur des saumons ou du plus fin des poulets. De cette même manière, certains d'entre vous des plus malins ont berné le reste de votre espèce en multipliant les choses brillantes sur de petits écrans noirs et en prétendant que celles ci avaient une quelconque valeur. Puis, ils ont batti de grands bâtiments autour de ces lucioles électriques afin de les cacher aux yeux du plus grand nombre.

Miou mi mi miou mi mi mia oblami oblamia obamiaou miaou miaou
Tout chaton par la peau du cou : Les minuscules soleils ne sont pas le meilleur saumon du monde. Sinon, minuscule soleil mort et terne dans les crocs sur huit lunes
Que ceci soit donc la première leçon, que tout chaton apprend au cours de ses quatre cent premières années : ce qui brille n'a pas le goût du meilleur saumon du monde, ni même de goût tout court. Pour en convaincre les plus arriérés de votre espèce, il ne tient qu'à vous de suivre cet enseignement que nous donnons aux plus stupides de nos chatons, qui consiste à garder huit lunes de suite une luciole morte entre les crocs.



Miou! Ronrons rrrrr mrrriou
Sans espoir que de pauvres esclaves saisissent un autre miaulement, mais dressez tout de même les moustaches pour le Grand Livre Poilu sans pages ni écriture plein de la sagesse des chats. Car sous le Grand Livre Poilu, milles savoirs divins.
La deuxième leçon est plus délicate, et m'oblige a vous faire grand honneur en vous récitant le grand Livre Poilu, notre bible à tous retraçant l'existence des chat dans la véritable histoire. Car nous avons nous aussi connu des périodes obscures et froides et durant celles ci, nous avons rencontré le même problème que celui qui vous accable aujourd'hui.

MIAOU
Sous vos oreilles êtres laids, le Grand Livre Poilu
Ecoutez, oh êtres misérables et au pelage si peu soyeux, cet extrait du Livre Poilu :

miou miou you you mi miou
Mille saumons ne sont pas mille saumons une deuxième fois. Un écureuil sur la tribu des grandes moustaches, être très laid mais malin, couinements infâmes
Parce que mille saumons sont trop de saumons pour qu'un à un, on ait mangé mille fois un saumon, un jour froid et cruel, une vile créature appartenant à l'espèce des écureuils vint voir le peuple des grandes moustaches et leur tint ce discours :

Skouik kouiiiik kouiiik Skouik koukoukou!
"Ecoutez moi, écoutez moi oh créatures divines! Car j'ai un marché à vous proposer, un échange qui nous profitera à tous. Venez, et jugez si mon coeur est pur, car voilà ce que je vous propose : "

Skouik kouik kouik? Skouikkk couinne couine Skouik!
"Je prend sous vos yeux ce saumon rose et frais. Ce beau poisson que vous voyez, tel qu'il est, ne servirait de noisette qu'une seule fois pour vos ventres. Mais écoutez moi, car en le mangeant tout de suite, vous faîtes une très grave erreur et vous privez d'une bien plus abondante nourriture!"

Marrrouuuu miou Balthazar!!! Miou ronron
Devant ces couinements, les grandes moustaches lèvent leur queue magnifique vers le ciel, car plein de saumons. Alors, dans un trou le saumon et autour, car un saumon sur deux tu l'auras mais pas tout de suite, Balthazar
A ces couinements, la tribu des grandes moustaches entoura l'écureuil et l'écouta avec plaisir, car quel chat se priverait d'une bien plus grande nourriture? Alors, la vile créature creusa un trou et enterra le saumon au fond du trou sous les feulements indignés des chats présents, et leur tint ce discours : "Ne vous énervez pas, oh sublimes êtres célestes. Car ce saumon que j'ai soustrait à vos crocs et maintenant bien plus qu'un saumon! Car, pensez avec moi : vous auriez pu le manger aujourd'hui, et alors, ce saumon aurait disparu. Mais là, vous pouvez penser à ce saumon qui existe toujours et attendre demain où il sera toujours là. Et ainsi, vous serez comme si vous aviez disposé de deux saumons!"

Fchht cht
Hors, saumon+saumon = tête de saumon
La tribu des grandes moustaches songea au discours de l'écureuil et réfléchit : si deux saumons étaient pour leurs crocs demain, alors, un troisième saumon serait là le jour d'après. Aussi fut il décidé d'attendre une semaine pour pouvoir faire un grand festin. En même temps se développa une folie collective parmi mes semblables, car la tribu, jugeant que sept saumons seraient plus que nécessaires, en proposa trois à une autre tribu en échange de poulets eux même mis en terre. Et quelques jours après, tous les chats étaient propriétaires de mille saumons cachés sous la terre.

Marrou merrowwww? Merow!!! Miou merrowww ronron merroww ron ron pemiou patamion
Après les lunes, dans le trou, moins qu'un saumon et moins doux qu'avant les lunes. Et pas même d'écureuil à croquer, car toutes les moustaches doivent s'en souvenir (même celles qui dorment dans le fond) : Un Saumon est Un Saumon, n'est qu'Un Saumon et ne sera jamais qu'Un Saumon. Qui feule va dans un trou.
Naturellement, quand les chats ouvrirent le trou une semaine plus tard, il n'y restait qu'un saumon qui était beaucoup moins bon qu'auparavant, et ce petit enculé d'écureuil s'était déjà barré avec une partie du saumon pour salaire. Ainsi fut punie la tribu des grandes moustaches et fut instruit cette vérité : Un Saumon est Un Saumon, n'est qu'Un Saumon et ne sera jamais qu'Un Saumon. Ceux qui prétendent le contraire ne sont que de vils menteurs (ou pire, des chiens)

Gnap!
Donc croquez les noisettes de ces abrutis en costard qui vous ventile le crâne la bouche pleine de saumons virtuels.
Ainsi donc, humains, quand certains d'entre vous viennent vous parler de choses qui s'augmentent toutes seules, de richesses qui apparaîtraient sans travail ni esclave humain pour l'apporter, faîtes lui subir ce que la sagesse des chats à nommé depuis quelques millénaires "la punition de l'écureuil" : croquez lui les noies un bon coup.

rrrrrrrrrrrrrrrrrr
Une bonne noisette sur du poisson améliore la sauce
Il n'y aura toujours qu'un saumon, mais vous aurez retiré un plaisir supplémentaire de sentir la virilité du méchant se fendre sous vos canines.

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The job
envoyé par trescourt

13.03.2008

Le problème avec steph...

Pour de vrai, on y croyait.

 

Enfin, disons. On savait qu’ce serait pas d’la tarte. Déjà, quand les chefs nous ont r’mis notre ordre de mission, ya des regards qu’on été échangé entre les copains. On s’est r’gardé les uns et les autres en s’massant la gorge et en faisant des bruits virils de la bouche afin d’bien s’dire qu’on avait même pas peur, mais c’était du psychologique entre nous. Pour de vrai, on savait que ça irait pas comme sur des roulettes.

 

Donc on y a été. Ca a pas été l’plus dur, ça. Aussi facile que de se tordre les organes génitaux en vomissant son bounty, comme dirait Harry s’il avait encore toutes ses dents. Là, Harry, il dirait plutôt : « Auchi fachile que de che do’wd’we les o’wganes géni’daux en vomichant chon boun’dy», en l’état. Y’en a qui vous dirait que ça fait une différance, et je les contredirai pas. Comme on dit entre nous : « Plus de dix dents, t’es encore un homme. Moins de cinq, Bernard Henri Levy.  » Ca veut bien dire ce que ça veut dire.

Donc on y a été.

La première chose qu’il a fallu faire, c’est lui mettre la patte dessus. Comme on est des pros, on s’y est mis avec la méthodologie :

-->1 : Attraper une victime

-->2 : Enfoncer par voie orale l’embout d’une scie sauteuse dans la victime sus-attrapée.

-->3 : Regarder méchamment la victime et lui dire d’une voix méchante : «Dis moi où se trouve cet enfoiré ». Agiter plusieurs fois avant emploi

-->4 : Si la victime répond « Je sais exactement où il est, je peux même vous faire un plan avec des petites flèches sympas !», prendre le plan. Si elle répond plutôt quelque chose s’approchant de : «Noarglnon glarglarpiitglargtié glaourgdix enfants à chglarge», allumer la scie sauteuse.

-->5 : Si à ce stade de la méthodologie, vous n’avez pas de plan avec des petites flèches sympas dans la main, ré itérer la méthodologie.

 

On a ensuite suivi le petit plan sympa et on a fini par le débusquer, ce communiste. C’était la première partie du plan : « Trouver l’ingénieur du son Stéphane B. …». On était content, on s’est tapé dans les mains en poussant des petits gloussements attendrissants. Et alors qu’on était tout attendris, on a regardé la suite des instructions : « … et extorquez lui un avis sur le nouveau mastering de Mornings.»

 

Là, on s’est regardé entre nous et on a poussé une grande respiration. Et on a décidé de faire ça avec Métodologie. Métodologie, c’est un copain à nous qui a de grandes compétences pour communiquer avec les gens. Donc Métodologie, il est rentré dans le bureau, il a pointé sa mitrailleuse à douze soupapes sur le crâne du fameux Stéphane et il a communiqué : « Ok Bastard. Give me your ’ing opinion on the new Mornings mastering or I shall blow your ’ing head that no one will be able to ’ing recognise you».

 

Sauf que le Stéphane en question, il s’est pas démonté. Il l’a regardé droit dans les yeux et il lui a dit : « Pas tout de suite, faut d’abord que je soude des câbles. J’en ai pour deux minutes. »

Métodologie, il a dit Ok. Après tout, on s’est dit, s’il en a que pour deux minutes, c’est du tout cuit.

 

C’est au bout de cinq heures d’attente qu’on a commencé à s’poser des questions. Et que j’ai commencé à comprendre. Cette enflure jouait avec nos nerfs depuis le début. Les gars commençaient à suer sous la pression, ils vivaient mal l’attente. A chaque fois que la victime rebouchait un embout de jack après avoir soudé des trucs dedans, on se sentait respirer, on s’disait qu’c’était le dernier et qu’on allait pouvoir passer aux choses sérieuses. Sauf qu’à chaque fois, le gars Stéphane nous r’gardait d’un air las en faisant « J’ai presque fini » et il en reprenait un autre en s’marrant.

Dix heures plus tard, on a décidé d’changer de méthode. On craquait un peu faut dire. On a emmené Métodologie au loin se calmer les nerfs et essayer de l’empêcher d’ingérer sa mitrailleuse en hurlant qu’il voulait en finir. Puis on est rentré, on a braqué nos flingues sur son crâne et là, on lui a pas laissé le choix : « Ok Mother Fucker. T’as bien failli nous avoir avec ton truc de câbles à souder, mais manque de bol, t’es tombé sur des pros. Maintenant, je vais te le demander une seule fois, et tu vas nous répondre gentiment. Qu’est-ce que tu as pensé de ce PUTAIN de nouveau mastering de mornings ?» 

La, y a eu un silence. Il a regardé autour de lui, et il a vite compris qu’on blaguait plus. Il a soupiré, on s’est dit que c’était gagné. Puis, il m’a fixé dans les yeux et il a dit : « Puisque vous insistez, je vais vous dire, ce que j’en ai pensé…»

 

On a arrêté nos respirations.

 

Et là, il a dit « Merrowww »

 

« Pardon ?» J’ai essayé.

 

Il a remué le nez d’un air las et il a répété : « Merroww»

 

J’ai commencé à trembler comme une feuille. Je sentais bien qu’il y avait un truc qui chiait dans le congélateur et que ça commençait à puer, mais je pouvais pas m’arrêter aussi près du but : « Merrowww ? Tu veux dire qu’il y a encore trop d’aigus au dessus de 10kHz, c’est ça ? »

Là, il a secoué la tête d’un air consterné, il a commencé à se gratter nerveusement au dessus de l’oreille et il a répliqué : « Merroowww miaw. Ronronron ron merrowww FCCHHHHTT merrowww miaw. Miaw Miaw Merrow Fcchhhh !!!! »       

 

Je me suis pas démonté tout de suite. Je me suis projeté le crâne contre un mur deux trois fois pour retrouver mon calme, et j’ai essayé de négocier un peu : « Tu veux dire que la rythmique est encore un peu trop agressive, c’est ça ? Sur le deuxième couplet, et que le piano est trop compressé, hein. C’est bien ça que tu veux dire, pas vrai ? » Mais ça se voyait que je perdais pieds et que je commençais à paniquer. Y avait un truc qui m’échappait. On avait foncé dans le tas comme des branques et on avait raté un putain de détail, un truc vital. Mais je voulais encore y croire. J’ai continué : « T’as raison, Steph. Mais faut nous aider, dans ce cas, si on compresse pas assez la piano, il se fait bouffer par la guitare de Fabio qu’on a mis en stéréo pour avoir de la pèche, et là, on a besoin de ton aide. »

C’est là que ch’est bar’die en boun’dy ’dodal à ch’en bouffer la ’ouille d’woi’de, comme dirait ce vieux déconneur de Harry. Steph s’est accroupi en nous tournant le dos et s’est mis à gratter furieusement par terre. Les copains se sont mis à paniquer. Jujules a éclaté d’un grand rire en hurlant qu’il était libre max avant de se jeter par la fenêtre. Rico, lui, à commencé à se frotter contre un mur en pleurant qu’il voulait sa mère, une sucette à l’anis et un avocat, pendant que Johnny s’était roulé en boule et mettait toute son énergie a essayé de se lécher les orteils entre deux convulsions.   

Et c’est là que ça a fait clonck dans ma tête.


On avait aucune chance depuis le début, on aurait du s’en rendre compte. Mille petits détails auraient du me mettre sur la voie chez ce fameux Steph. Ses petites moustaches mignonnes par exemple, ses oreilles triangulaires qui s’agitaient en cadence alors qu’il se léchait la patte gauche, ou encore le simple fait qu’il arrivait à se mordre l’arrière de la cuisse droite sans la moindre difficulté… Mais j’avais réalisé trop tard, beaucoup trop tard.

Cette enflure n’était pas juste un ingénieur du son. C’était aussi un chat. Une de ses putains de bestioles qui peuvent tomber du septième étage en se grattant le ventre tout en gardant la classe. Un de ces êtres qui peuvent intégralement se lécher le corps plusieurs fois par jour sans jamais perdre un iota de contenance.

 

On était perdu depuis le début.

 

On a réussi à sauver un tiers de l’équipe dans la fuite. Depuis ce jour, on s’est reconverti dans le jardinage massif et le broutage d’herbes médicinales. J’espère juste que les prochains gars qu’ils enverront au casse pipe seront un peu moins pris au dépourvu. Encore que ça les aidera pas non plus des masses.