30.11.2006
neige & Buenos Aires 2 by binarymind et café
Bon, petite pause sur les comptes rendus de concert, quand bien même demain sera l’occasion de remettre sur le tapis de nouvelles photographies des récents concerts, je veux dire, pour une fois qu’on arrive à distinguer nos bobines, autant en profiter
Donc aujourd’hui, je ramène mon podium à copain portatif pour mettre ici bas deux travaux graphiques du formidable Binarymind, nommé Grand Régent Universel et Très Sage des images Bizarres et qui a pour lourde charge de bosser sur le livre album
Aussi un premier travail d’illustration sur le morceau neige (en écoute sur le nouveau site, hein)
[Personne n’oserait hurler quand Neige s’abandonne à l’honneur d’une danse]
Et de fait son petit frère ou sa grande soeur, au choix, photographie prise à Buenos Aires :
(je suis très flemmard, aujourd’hui, pas le courage d’aligner des mots dans l’ignoble but de composer des formes syntaxiques en accord avec les normes de communication inter-humains tout ça dans un bas but d’accrocher à la queue des phrases en question de vagues noumènes que j’aurais la prétention par ce geste d’offrir à autrui, mon prochain, mon autre moi-même qui, je l’espère pour lui en tout cas, arrive à descendre un escalier sans se renverser son café sur la tête. Mais c’est super dur, hein, quand on a un café plein, on surveille le niveau de liquide, on tente vainement de contrer les vagues créées par la descente des marches, du coup, c’et de pire en pire, ça part en résonance, on voie que ça va déborder, on adresse une dernière prière au Dieu des liquides en lui demandant de resserrer les petites particules de café et on entend un gros rire du Dieu en question, et c’est la catastrophe, car le café a débordé et il était bouillant, du coup, comme on s’est cramé le majeur et que l’on est pourvu de supers réflexes de survie, on ôte vite la main du truc brûlant, et là, drame, parce qu’on a lâché le verre de café dans le même geste, et c’est une catastrophe, et il ne reste plus qu’à chanter les beatles en souriant d’un air très satisfait à ses collègues
Monde de merde.)
14:57 Publié dans 04::Visual | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.11.2006
Bon, alors, il sort quand ce putain d'album???
Pom pom pom...
Bon, je vais prendre le temps aujourd'hui de faire le point avec soin sur ce fameux deuxième album, hein, depuis le temps qu’on vous saoule avec, il est temps de poser un peu où nous en sommes et ce qu’il va se passer. Pas mal de choses ont bougé ces derniers temps et, comme disait Lao Tseu dans son ‘grand livre des phrases très intelligentes et très compressées’,
[ouvrez les guillemets, jeannine],
nous y sommes presque, Azraël
[fermez les guillemets, laaa, mieux]
L’album déjà a pris pas mal de retard. S’il est en écoute intégrale sur le site, une bonne moitié des morceaux mérite déjà un remastering digne de ce nom. Les morceaux subiront donc leur lifting sonore sous les pattes de BinrayMind.1 d’ici à début janvier dernier carat.
D’autre part, nous avons depuis le début la volonté de sortir cet album sous une version solide, sous la forme d’un livre album d’une trentaine de pages environ, en format A5. Le livre est actuellement en cours de réalisation, nous avons pris du retard pour de vagues et curieuses question d’imprimeur qui nous cassent les pieds, mais ça commence à aller mieux.
Nous allons ainsi ouvrir sous peu une section sur le site où le graphiste en chef, sir Binarymind.2, mettra en ligne peu à peu le livre album page par page, afin de suivre sa création.
La bonne nouvelle pour le livre album est que nous ne passerons pas par une souscription sur deux mois, mais que les commandes pourront se faire normalement et que vous recevrez l’objet sous deux semaines après la commande. On maintient coûte que coûte le prix par unité à 20 neurones frais de port compris.
Enfin, l’album sera aussi en vente sur le site de FourStep au format mp3 sans DRM ni saleté au prix de 4€ l’album, avec 25% pour nous. Par contre, et ceci est très important, un an jour pour jour après sa mise en ligne sur le site de FourStep, il passera sous licence CreativeCommons sur Jamendo et autres. Ceci nous est apparut comme le meilleur compromis entre le besoin indispensable de fonds, d’une structure et d’un tourneur, et l’envie de continuer à encourager ce mode de diffusion qui, à mon sens, va de plus en plus s'imposer de lui même, et dans la mesure où, très honnêtement, nous avons aussi tout à y gagner.
Sortie repoussée à début janvier, donc, mais c’est vraiment pour offrir quelque chose de qualité, promis.
Yiha
Eric [Lonah]
14:50 Publié dans 01::Sound | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.11.2006
Hier soir et avant hier soir
Hier soir et avant-hier soir.
[La reconstruction d’un cerveau est un passage obligé chez les humains entre la phase dite ‘je suis le rien ontologique sous ma couette’ et la phase ‘woh putain il faut vraiment aller bosser, là ?’. Entre ces deux phases, tous les petits morceaux de cerveau qui, pendant la nuit, ont coulé dans les replis de la couette sont ramenés un par un tendrement jusqu’à leur boite crânienne. On peut toujours observer avec attendrissement ces petits morceaux gris et un peu liquides entrer dans les cavités nasales à la queue leu leu, en sautillant avec entrain sur la moustache de leur hôte. ]
Wazaboum.
De retour d’Evry donc, où nous jouions hier soir dans le cadre de sombres festivités artistiques aromatisées à la bière. Excellent accueil, bordel de Dieu, les habitants de la forteresse d’INT savent recevoir, on avait une chouette scène en hauteur et pas mal de lumières dans les rétines. Nous avons du commencer une heure plus tard pour de basses et étranges raisons sportives, et ce devant un public initialement réduit qui ne manqua pas de se multiplier en faisant ‘blop blop’ au bout d’un ou deux morceaux.
Bien chouette concert, donc, nous avons cloué nos harmonies aux murs à grands coups de manche de guitare et avons laissé nos sons bizarres frôler les sols avec plaisir.
Sinon, première photographies du concert de Dimanche soir, prises et travaillées par votre serviteur, BinaryMind (note : je dis votre pour faire mon gars sympa, mais c’est juste une forme de langage, je veux dire, là, on l’a enfermé dans la cave pour encore trois semaines à bosser plein de photoshimsages du livre album, vous le verriez, il est tellement mignon à tendre son écran malgré ses chaînes en demandant un verre d’eau, j’entend encore sa petite voix rauque et aigue, je, oui, ahem, reprenons)
Sachant que d’autres vont très bientôt arriver, vu qu’un autre voleur d’âme se trouvait là et nous a envoyé dans le nuit une bonne collection de photographies bien cool. Mais chaque chose en son temps, donc hop :
(houhouuu, dzing dzing houuuu dzing hou dzing dzong)
(hiyaha yabom hou hou)
(Vive la Pologne libre, Bordel de Dieu!)
(parce que la Pologne, c’est tellement un mignon pays)
(Ce qui est bien avec l’italique, c’est que les lettres sont penchées, c’est pas con comme système, ça fait lettres sympathiques, pas agressives du tout, qui vous prennent par la main pour vous emmener loin, plus loin que cela )
(launch *(Lonah->getEric()->getBrain())->addParametres(leMatin,Café) )
11:21 Publié dans 11:LIVE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.11.2006
Hier soir et ce soir
Hop…
Post transitoire, entre le concert d’hier soir à Cachan et celui de ce soir à Evry. Pom pom pom…
Donc hier soir, concert à Cachan extrêmement agréable, avec deux roadies de remplacement fort professionnels qui avaient à cœur de regarder la route d’un œil sévère tout en mâchant de la laitue, signe d’un professionnalisme intense. Faîtes gaffe, groupe qui venez agiter les oreilles des élèves de normale sup, l’entrée dans la forteresse est curieuse. Vous commencez par une première entrée où un gorille vous arrête en écrasant son fusil à pompe contre la joue, vous intimant, je cite : « De ressortir immédiatement où [il nous] éclate la cervelle contre le pare brise, ouaip. » Du coup, compréhensif, vous sortez, et vous engagez dans une sorte de spirale curieuse où, tournant dix fois à gauche sans jamais retomber sur la même rue, vous finissez à faire du cross sur des chemins de terre battue.
Par contre, la salle est excellente en soi. Le genre d’endroit où vous avez envie de vous planquer en cas de guerre atomique, en fait. Avec des phrases cabalistiques un peu partout sur les plafonds et les murs histoire de conjurer les démons.
Bien trippé, vu qu’on a pu expérimenter pour la première fois Aurore et les droïdes en live. A noter que le public fut fourbe. Déjà, ils applaudissent à la fin en vous regardant avec de grands yeux méchants et un sourire sardonique dans l’ignoble but de vous faire remonter sur scène alors que bon, quitte, pas de raison que vous ne puissiez pas prendre une bière vous aussi. Et qui plus est, certains d’entre eux, arrivés pendant les 5 dernières secondes du set, vous supplient à coups de bêche dans les tempes d’en rejouer une ou deux pour eux.
Nous les bêches sur les tempes, on respecte. Du coup, on a obtempéré.
Yiha, donc. Qui plus est, le grand B-tseu était là et a pris plein de chouettes photos, qu’on publiera dans les jours à venir.
Donc ce soir, concert à Evry pour les télégraphistes Int, hein, on se spécialise dans le babylonien cool qui se planque au fond des écoles d’ingénieur.
(Sinon, les morceaux du second album sont en train de vivre leurs derniers ravalements de façade, on les postera sur le bloug assez vite)
11:00 Publié dans 11:LIVE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.11.2006
Ce soir, hop
On fait un chouette petit concert à Normale sup, vous savez, l'usine à gens très intelligents, là, ça se déroule à Cachan et si je ne m'abuse, l'entrée n'est pas bien chère. Je sais, je sais, j'aurais du annoncer ça un poil plus tôt mais bon, hein, l'univers va trop vite, germaine, on arrive à peine à rattraper les nuages...
(tadam tadam)
>ENS Cachan
>61, avenue du Président Wilson
>94235 CACHAN
Sachant que nous sommes demain soir à Evry pour un autre chti concert, et qu'on met en ligne cette semaien une nouvelle version de Morning beaucoup plus chouette bien et cool remasterisée par le grand mître du son.Hein, ce bloug est en mode week end mais ça repart demain.
yiha.
13:30 Publié dans 11:LIVE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.11.2006
Vigilamos et Arequipa.2
Fin de semaine, deux travaux photoshimsiques de rigueur, donc, afin de nourrir les yeux des passants… Deux travaux encore une fois en provenance du Pérou, d’Arequipa exactement, aux murs contrastés.
Première photographie provenant de la chambre d’hôtel dans laquelle nous avions trinqué un peu à n’importe quoi, de passage, comme ça. Jeu marrant sur les couleurs, j’avais à la base bien aimé ce miroir déformé sans la moindre logique, comme s’il avait un peu fondu par caprice et par provocation.
Aqui vigilamos nuestros espectros
Ici, nous surveillons nos fantômes
Nous les dressons, leur apprenons des tours
Et les laissons se cogner dans leur reflet quand ils ne sont pas sages
Sans nous, ils ne peuvent se détacher de leur image,
De vieux souvenirs comme chaînes à leurs cris
Aqui vigilamos nuestros espectros.
Autre photographie un peu moins réussie, prise dans le monastère d’Arequipa, un monastère gigantesque aux couleurs extrêmement vives, un lieu curieux à cheval entre les charrettes de touriste qui sont déversés chaque jour et ses nombreux recoins sombres et fanés.
La vision d’une lumière surexposée sur une photographie m’a toujours fasciné, de par ses courbes irrégulières et l’impression d’une volonté qui, en lutte contre l’espace, tenterait autant que possible de noyer tout objet sous un éclat incandescent.
Se callan las nubes
Nous cherchions le ciel
Le ciel était un mensonge
Nous cherchions les nuées
Les nuées étaient un mensonge
La lumière se moque, l’éclat attend, assoiffé
Nous parcourions de nos sourires des routes infinies
Elles ne mèneront nulle part
Le ciel était un mensonge, nous aurions tant voulu bâtir un mur au dessus de nos têtes.
Pour ne plus y penser
Il n’y avait rien
Se callan las nubes
14:45 Publié dans 04::Visual | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Et je suis un gigantesque connard
Parceque j'avais en effet pas remarqué que j'avais oubliédans mon copier coller l'adresse du spectacle de linda
hop
petite précision qui peut être utile: c'est Théâtre LE CABANIER 6 rue Ameline (à NANTES donc) http://lecabanier.free.fr
02:12 Publié dans 10::Friends | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.11.2006
Chronique du second album : E-Zik

15:40 Publié dans 13::Tralala | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.11.2006
Copinage, pour les nantais numériques
Hop hop, je me permet en passant et en me lavant les orteils un petit copinage de raison, afin de mettre sur un podium numérique une demoiselle qui joue au clown le plus sérieusement du monde... la demoiselle montant ses premières planches le week end prochain vers Nantes (approx. entre paris et Moscou en sens inverse), et étant pour ceux qui le reconnaîtront la compagne d'un russe à moitié fou, à moitié alcoolique et à moitié polonais (le fourbe), il y a là matière ) oublier trente secondes les problématiques classiques de rotation terrestre et de gravitation fiscale.
Bon, on va la laisser parler elle même, elle fait ça très bien
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LINDA LA CLOWN : "BONJOUR L'AVIS"
Vendredi 24 à 20h30, samedi 25 à 20h30, dimanche 26 à 16h
Une découverte pour un week-end pluvieux... Venez rire au chaud dans notre jolie "cabane" !
Bonjour l'avis !
De et avec Linda Hecquet - Co-écriture et Mise en scène de Raymond Peyramaure
(Spectacle clownesque d'1h10)
Une chaise, une vieille fille avec un panier à chat et un sac, plein de chaises en face mais personne d'autre. Que doit-elle faire ? Peut-elle s'asseoir ?
Elle doit attendre…
Et le spectateur attend en même temps qu'elle. Il assiste à un déballage de tensions et de réflexions pleines d'humour, mais aussi à une évolution du personnage, qui parvient à se libérer de certains démons intérieurs, et nous les dévoile à travers ses élucubrations acides et névrosées, telles un exutoire.
Le thème principal du spectacle est celui de la carapace que tout un chacun se crée instinctivement, carapace qui peut revêtir les aspects des plus variés, et qui sont traités ici à travers un discours à la fois acerbe, drôle, dérangeant et contestataire. Mais « Bonjour l'avis ! » est aussi une plongée dans les profondeurs de l'âme et de l'inconscient.
« Une salle d'attente où y a personne qui attend, c'est plus une salle d'attente…
…Tenir son sac à la main, c'est bien quand on est debout. Mais quand on est assis, ça va plus du tout…
…Toutes les premières fois, ça fait peur. La première fois qu'tu nais, t'as peur ; la première fois qu'tu meurs, ça aussi ça fait peur…
…Quand le cœur est collé aux parois, c'est la dépression…
…Dans les contes de fées, c'est toujours les grenouilles qu'on embrasse ; jamais les tortues…
Bon ben allez-y, j'vous écoute ! »
17:20 Publié dans 10::Friends | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.11.2006
L'exorciste administratif chapitre 7
Haaaa, faisait un bout de temps que j'avais laissé les aventures d'Alan en suspens avec toutes les bêtises qui m'étaient tombées sur la gueule, chapitre 7, donc, entrée dans la sphère démoniaque avec trompettes et trombonnes, hou hou.
(Note : dorénavant, vous pouvez retrouver l'intégralité des texticules sur le site, www.lonah.net , parceque la vie est chouette, et oui, voila tout)
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15h30/
« J’en ai marre »
La plainte de Damien dépassa à peine sa gorge qu’il l’attrapa de ses molaires pour la renvoyer dans son estomac. Un exorciste ne se plaint pas, voyons, surtout quand il a l’honneur de marcher dans une zone démoniaque en compagnie du grand Alan Pointe et de… d’un…
Damien se retourna machinalement vers celui qui fermait la marche. D’un zombi, oui, le teint cireux et grisâtre de Ringo ne laissait pas beaucoup d’autre alternative. Il choisit de claquer des dents en regardant ses pieds fixement.
Cela faisait environ une dizaine de minutes qu’ils avaient pénétré dans la zone démoniaque, et, pendant ces dix tours d’horloge, Damien avait du apercevoir beaucoup plus de scènes pornographiques qu’il n’avait pensé en voir durant toute sa vie. Un éclair à sa droite. Un spectacle relativement excitant du point de vue du jeune stagiaire s’incrusta dans le coin de son œil. Il sentit son crâne se tourner docilement vers la droite, quand la voix éraillée et grinçante de Ringo l’arrêta :
« Mais vous allez vous concentrer deux secondes sur l’image qu’Alan vous a donné, nom de Dieu ? C’est quand même pas compliqué, on vous dit de ne pas regarder ce qui se passe autour de vous. Un des principe premier d’une zone démoniaque, c’est d’empêcher les gens d’arriver au centre par des visions … évocatrices… disons
-Parce que pour vous, la douzaine de demoiselles nues en train de chercher leurs sous-vêtements dans la boue en gémissant, c’est juste… évocateur ? », répliqua Damien en s’étranglant.
Ringo poussa un long soupir avant de répondre : « Vous savez, je me suis un peu détaché de ces choses là, maintenant. Un des bons côtés de la mort, on pourrait dire, au début, on pense que ça va manquer, mais au final, on trouve d’autres amusements, c’est humain. »
Damien chassa le plus loin possible l’envie de lui demander quels amusements pouvaient distraire un zombi. Il regarda de nouveau la carte qu’il était supposé fixer du regard avant de craquer à nouveau : « Dîtes, chef, une chose que je ne comprends mais pas du tout..
-mmm ?
-Sur l’image que vous m’avez donné, nous sommes bien d’accord qu’il n’y a qu’un dessin de Mickey , c’est bien ça ?
-ma foi… » Alan parut un instant pensif… « Oui, je suppose, c’est ça, Mickey Mouse, la souris à la con, là… » Il gratta un peu son chapeau avant de reprendre : « J’admet qu’en général, la règle veut que l’on regarde fixement une image de saint, c’est plus dans le thème de la lutte contre l’enfer et les démons, mais je n’en avais plus sur moi, et puis, l’important, c’est de ne pas regarder les cochonneries sur le côté. Tenez bon, Damien, il doit nous rester une petite heure de marche environ. »
Alan maudit en silence la laisse que son chef lui avait attaché au cou lors de sa précédente tentative de fuite, il y a cinq minutes, et continua de marcher tout en regardant fixement le sourire niais de la souris dessinée. Derrière lui, le zombi chantonnait un air qui lui rappelait quelque chose…
« We all live, in a yellow submarine, yellow submarine, yellow submarine… »
Damien tenta de se retourner vers le mort vivant ce qui fit immédiatement hurler celui ci : « Vous n’avez pas fini de me dévisager ? C’est mon nez qui vous dérange c’est ça ? Allez ! Dîtes le ! Monsieur le zombi, votre nez est un peu de travers !
- Mais non… je vous ai déjà dit, je n’ai rien contre votre.. votre
- Mon nez ! Sachez, sang chaud, que je le recouvre tous les matins de colle à bois première qualité ! C’est pour ça qu’il brille un peu ! Alors retournez à votre petit mickey et arrêtez de me dévisager ! »
Sur ce, Ringo sortit une petite boite de colle et un pinceau de sa veste rouge, et commença à s’enduire le museau avec application, tout en chantonnant à nouveau :
« Tadada… with a little help of my friends. Woooo, tadada… »
Damien prit le partie de sangloter en silence.
Quarante minutes qu’ils marchaient ainsi dans la poussière, entourés de mirages à l’odeur de souffre, à fouler la poussière d’un pas monotone. Alan avait passé ce temps à achever cigare sur cigare, tout en maintenant fermement son chapeau contre le vent qui, à chaque pas, devenait un peu plus agressif. Ringo, lui, s’était affairé à sa toilette, un peu de peinture acrylique sur les lèvres de temps en temps, et un coup de mastic dans l’œil gauche à cause de la poussière qui devenait de plus en plus dense. Damien, pour sa part, avait retrouvé son courage au fond de sa chaussure gauche et avançait à grandes enjambées, l’air fier et conquérant, à la suite de son mentor.
Ils s’arrêtèrent quelques temps plus tard, lorsqu’il fut évident qu’ils étaient arrivés. A une vingtaine de lieues devant eux se tenait une arche aux reflets de sang, haute d’une dizaine de mètres, et aux pieds de laquelle naissaient des flammèches qui partaient se noyer plus loin dans le sable. De longs hurlements flottaient dans l’air sans jamais s’éteindre. Le sable même que foulaient les trois exorcistes était d’une consistance curieuse. Il se détachait en plaque fines sous leurs pas, se brisait d’un son léger et cristallin à peine en l’air, pour se reformer juste après leur passage.
Alan libéra son nouvel adjoint de sa laisse et se tourna vers Ringo :
« Je sens déjà mes semelles cramer. Une belle porte qu’on a là, tu te sens d’attaque, mon ami ? »
Pas un son. Ringo ouvrit lentement la petite valise qu’il avait emmenée jusqu’ici, en sortit un matériel d’écriture, et commença à griffonner de curieux signes sur un papier aux reflets d’or.
« Et maintenant, on fait quoi, chef ? »
La question provenait de Damien qui sautillait d’une jambe à l’autre sous la chaleur du sable
« Maintenant, mon petit… ». Alan s’alluma un nouveau cigare en protégeant son allumette du vent. « Maintenant, on attend que Ringo fasse son travail. Un des meilleurs faussaires que je connaisse, je t’ai déjà dit. Ca ne durera pas longtemps. ».
Le vent redoubla d’intensité. Il semblait à Damien que les grains de sable qui venaient se coller à sa joue étaient autant de griffes minuscules qui, une fois le coup porté, repartaient avec un petit bout de chair en souvenir.
12:21 Publié dans 02::Envers_Dun_Decord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













