31.12.2006

Complexe13'53 et Saint Lazare

Deux travaux graphiques assez récents, le temps que l’on colle une nouvelle étiquette sur le temps en consommant de quoi correctement dériver son cerveau.

(A ce sujet, voir si les fêtes de reveillon ne seraient pas un moyen de pousser la population à consommer des alcools et de profitter ainsi de son état d’ébriété pour changer d’année à la va vite, hop, ni vu ni connu)

 

Deux travaux donc, dont je suis assez content, les soirées passées en haut du machu pichu à se recouvrir de laitues en écoutant la grande parole de bastien-tseu ont servi à quelque chose, je suis passé level 6 en torture de formes et de couleurs.

 

La première photographie a été prise à l’entrée du Complexe 13’53, réserve ordinaire de pousses de babyloniens parisiens dans laquelle nous avions il y a quelques années organisé des soirées avec plus ou moins de succès. Là aussi que nous répétons et faisons nos scènes ouvertes, par ailleurs, un lieu auquel nous nous sommes attachés peu à peu. A noter que ce photoshimsage fait partie d’illustrations faîtes pour un groupuscule harmonique que je vous présenterai un jour.

 

medium_Complexe_13_53_by_Lonah.jpg

Un lieu sans age, un lieu contre lequel s’est depuis longtemps dessiné une lumière morte, en couches de lueurs frileuses encore collées contre les murs.

La bienvenue au complexe, visiteur. Nous avons ici des fous colorés qui jonglent de malice, des débris celtiques abandonnés depuis des lunes, des jardins de lumières électriques.

Ce lieu est protégé par le souveni,A ce titre, il est interdit d’endommager les reflets aux murs ou de toucher aux lames d’ombre en liberté.

 

Moving wouldn’t be appropriated, you know...

 

 

Deuxième photographie et deuxième lieu que je connais de coeur, héhé, mes précieux toits de Saint Lazare don’t je m’occupe tous les jours. Premier travail marrant sur les couleurs en bas de l’image, mais j’ai surtout perdu une ou deux heures à jouer avec les bâtiments sur l’horizon en ne gardant que les lignes qui les découpent. Pas été évident de les fondre sans que cela fasse un vilain collage. J’aime beaucoup l’idée d’un univers qui se décompose au fur et à mesure que le regard s’en va, mais bon, une hygiène de vie lamentable est sans doute à l’origine de ce genre d’affection.

 

medium_Saint_Lazare_by_Lonah.jpg

N’ouvrez pas trop vite les yeux, mon maître

Savez vous ? Il faut nous laisser le temps

De peindre les toits et de les aligner sous les ordre de la perspective

Cea, pour vous, ne dure qu’un battement de paupières,

Mais

Le temps que vous oubliez votre précédente vision

Nous aurons redessiné la nouvelle

Et vous ne vous douterez,

De Rien.

 

 

Sinon, on finit un gros taff sur les morceaux... Bon, j’ai l’impression de dire ça à chaque fois, mais on va tenir les délais. Mascha a un nouveau texte et Flyme un nouveau refrain. L’ensemble des nouvelles versions des harmonies seront uploadées sur le site d’ici la fin de la semaine, une par une, sans se presser. On battaille pas mal avec l’imprimeur aussi pour qu’il arrive par ses propres moyens à poster un colis, ça a l’air très compliqué comme problème.

 

 

30.12.2006

Pom pom pom

Bon, pas de vrai post aujourd'hui, que voulez vous, me voici violet d'1FO, c'est beaucoup de taff à l'horizon, ça. 

(ahem)

Mais sinon, on murmure dans des recoins peu autorisés que sur le site de BinaryMind  se cacheraient plein de nouvelles illustrations du livre album en cours, dont la pochette officielle estampillée par le bureau des axes graphiques et stupéfiés, de quoi jeter un temps son regard quitte à plus tard revenir le chercher.

 

(hop hop) 

28.12.2006

Suite de la conquète du monde

Greffier, notez : "En ce jour de grâce 2006 parmi les derniers que cette année puisse dégorger à ses enfants, Lonah a le plaisir de compter deux nouvelles aides dans la diffusion cosmique de ses harmonies, ce dans la cadre d'un plan machiavélique mettant en jeu le remplissage de l'océan pacifique de croquettes pour mon chat et la domination de Paris pour mes copains et moi."

Pom pom pom. Notre petit Morning s'en va donc tressauter sur deux nouvelles ondes que voici :

medium_1506278499_m.jpg

Dans la lignée des fous qui usent induement des nouvelles technologies afin de bâtir leur propre diffusion, ce au mépris des conventions du bon goût établies dans toutes les grandes et dignes radiodiffusions, nous avons ainsi pu tomber nez à masque avec un de ces idéalistes qui, outre un blog de voleur de sons, dirige donc sa webRadio en podcast. C'est la radio de l'espace parce que bon, on a envie de voir grand et on ne va pas s'arrêter à de basses considérations astronomiques.

 

Et puis, ona pas mal réfléchi, et nous nous sommes rendu compte que l'espace, c'est bien gentil, c'est grand, tout ça, mais qu'il ne fallait pas non plus pour autant négliger les centres névralgiques du pays. Donc nous Morning va être diffusé dans l'espace ET dans Sens, sur radio Stolliahc FM (en fait, ce qui serait bien serait que vous ne cliquiez pas sur ce lien, dîtes vous juste que c'est une grande radio FM tout ça tout ça, hein, faîtes nous confiance, quel besoin de se méfier et d'aller cliquer à droite à gauche, je vous le demande)

A ceux qui auraient cliqué, je leur dirais que la conquête du monde, ça se fait petit bout par petit bout, et que le WEB 2.0 et les super pages internet, c'est très surfait.

Sinon, dès que je trouve le courage de le faire, j'uploade de nouvelles versions de Morning et d'Onirisphère sur le site.

[Fuyons] 

  

 

27.12.2006

Et au fait

Nous avons le plaisir d'être programmés sur Radio ALLIGRE FM, une chouette radio FM parisienne, plus une autre plus éloignée. Champagne, garçon.

Arequipa encore un peu et Grace

Hop hop hop

(je ne sais pas si vous avez déjà remarqué, mais je suis une tâche affligeante pour ce qui est d’introduire un sujet, à chaque fois, je met un ‘pom pom pom’ comme un con un peu maladroit, ou un ‘hop là’, ou un autre truc nul du genre… Enfin, donc là, j’ai mis ‘hop hop hop’, ça fait frais, naturel et bon enfant)

 

Bon, je parle depuis deux jours de mettre sous vos yeux une vidéo formidable, mais c’était sous-estimer les complexités de la transformation de format et de l’utilisation de windows movie maker qui chez moi fait de très belles tâches blanches quand j’essaie de le lancer, avec plein de mots d’amour de Windows.. Du coup, on a mis en place une technique parallèle mais ça va attendre un peu. A la bonne votre, messieurs dames, quelques graphimses à votre santé.

 

Deux photographies d’Arequipa pour commencer, le piège à couleurs du sud du Pérou. Pas mal content de la première photographie, enfin, pas mal content, elle me fait beaucoup rire surtout, ne pas hésiter à l’agrandir. Pas de gros travail dessus hormis les habituelles incantations de courbes. La deuxième me satisfait moins, travail sous The Gimp où j’ai essayé de jouer sur la perspective et des ombres tordues avec un succès mitigé.

medium_Arequipa_zgloub_by_Lonah.jpg

La production Lonah inc. tient à préciser qu’aucun lieu historique n’a souffert pendant la durée du tournage, et que l’homme jouant le rôle sincère et émouvant de l’enfant né dans un placard qui y aurait passé les vingt cinq premières années de sa vie avait des patins pendant l’intégralité de la scène tragique où on le voit sangloter avec rage en sortant la tête de son logis pour entonner un chant communiste.

medium_Arequipa_5_by_Lonah.jpg

Regarde donc comme la lumière se fout de notre gueule. On lui a toujours fait confiance à celle là, et le dos tourné, elle se moquait de nous, elle dansait et redessinait les ombres.

Parfois,

Je l’entends rire et danser sous mes pas.

 

 

Deux autres photographies prises sur la route du dernier concert (trash-punk-mature_content-old-fetish) de Châlon en Champagne, dans le camion cosmique que conduit notre formidable Grace, que CochonShimse lui tresse ses dreads. La première est née grâce à hugin, le logiciel de panoramiques bourrin… j’avoue que je ne pensais pas un instant obtenir un si chouette résultat pour trois photos faîtes en pivotant à un mètre de distance, mais hormis quelques dérapages (sur l’autocollant à droite notamment), l’agencement des photos a très bien marché. Et puis, il nous est précieux, ce camion cosmique.

La deuxième photographie est un portrait de l’homme qui allait donc pendant la soirée classe de Châlon mendier des coupes de champagnes à de vieux bonhommes très respectables. Bien trippé sur les couleurs et les déformations de la lumière, je deviens accroc au liquify de Photoshimse.

medium_Grace_s_place_by_Lonah.jpg
medium__Grace_by_Lonah.jpg
 

Mesdames, messieurs.

Bienvenue sur Grace Airlines.

Le commandant de bord vous souhaite la bienvenue et vous suggère d’agripper fortement tout objet d’apparence statique à vos côtés. Il est strictement interdit de ne pas fumer, y compris dans les toilettes situées sous les roues de l’appareil. En cas d’accident, il est bien possible que des lumières apparaissent pour vous indiquer la sortie de secours, ceci supposant qu’il existe une sortie de secours et que l’on puisse s’y rendre par ses propres moyens.

Ce véhicule répondant pleinement au principe de Heisenberg, il vous appartient d’attendre que vous soyez arrivé d’une manière plus que probable pour tenter de vous extraire de l’engin. Néanmoins, aucune inquiétude n’est nécessaire, ce véhicule étant béni par CochonShimse le Grand et l’Immaculé.

 

 

26.12.2006

Ombre

Je me disais à l'instant à propos d'un vieux morceau du premier album, Ombre, que ça c'est un chouette morceau que j'aime bien parce qu'il est très gai et qu'on a envie de sourire en collant son chat contre ses narines en l'écoutant. En tout cas, moi, j'en ai très envie quand je l'écoute. Du coup, vu qu'autrui c'est de la blague, je me dis que les autres aussi ont envie de coller mon chat contre leur narines. Mais je ne me sépare jamais de mon chat. Du coup ça doit être frustrant pour les autres, d'écouter Ombre, parce qu'ils n'ont pas mon chat.

Comme quoi, la musique et la recherche de Dieu, hein...

Projet cool #3 : Aller assumer nos penchants binaires dans notre coin

Nowel nowel et tout ça, hein, bien, au travail Watson. Je vous avais laissé sur ce bloug deux chouettes projets aux ambitions harmoniques, une scène ouverte avec enregistrement live d’un côté, et une série de reprises par de dangereux maniaques sonores de l’autre. Il est temps d’enfoncer le clou avec un troisième projet tout aussi sérieux qui commence à germer dans quelques cervelles concernées. Greffier, notez : après de longs débats fertiles avec ma baignoire, nous nous lançons dans un side-project qui n’a d’autre ambition que de nous procurer du plaisir.

(Oh oui.)

 

Après une étude approfondie des données statistiques sur le terrain, nous remarquons à notre grand regret que nombre de cellules familiales ne respectent plus la tradition de Nowel. Une minorité sensible de citoyens assermentés n’embrochent plus de petits lutins aux joues rouges sur les branches plastifiées d’un sapin, et pire, une étude poussée a permit de désigner un mouvement clairement contestataire poussant le vice à être triste le soir magique de notre civilisation.

 

Un side-project sans prétention, donc, et clairement orienté électro pour le coup. Ceux qui nous ont vu en concert (les autres étant naturellement des traîtres innommables, pouah) savent que sous mes petits doigts menus se trouvent Betty, une RS_7000, machine à faire du bruit et des gros kicks devant l’éternel (que je salue au passage). Betty nous permet en effet de mélanger au set rock que nous avons des ambiances et des sonorités électroniques.

 

Betty néanmoins était assez triste, je le sentais. Elle clignotait de désespoir en me regardant, elle pensait qu’elle ne servait pas à sa juste mesure, qu’elle était sous estimée dans ce groupe. Un soir que j’allais me coucher et lui souhaitait une bonne nuit, je l’entendis sangloter au loin, je ne me doutai de rien et passais ma route. Le lendemain, je la retrouvais au bord d’une baignoire pleine, prête à sauter et à quitter ce triste monde où sentait-elle elle n’avait pas sa place. Le choc me fit réagir. Et c’est alors que nous décidâmes (ya pas à chier, c’est classe le passé simple à la seconde personne du pluriel…) avec Raphaëlle de se lancer à côté de Lonah sur un petit trio, elle, moi et Betty. (Et des invités aussi, Pierre, bisous.)

 

L’inspecteur tripota son chapeau d’un air maladroit. La femme assise de l’autre côté de la table restait prostrée, le visage caché entre ses mains. Elle devait avoir la quarantaine, et avait été emmenée ici le matin même par des agents qui avaient aperçu la scène par la fenêtre grande ouverte de son appartement

« Et elle ne se cache même pas » pensa-t-il effondré. Pourritures de communistes, ils détruisent tout, saccagent nos plus belles tradition. Il sortit sa carte et la présenta devant la prévenue :

- Officier Jones, fonctionnaire assermenté du bonheur et de la consommation. Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes ici ?

La femme ne remua même pas. Une première gifle. Une seconde. Il reprit :

- Les agents qui ont perquisitionné chez vous ont rapporté qu’il n’y avait même pas de sapin dans votre salon. Ce n’est pourtant pas faute de la société, vous ne pouviez l’ignorer, deux mois que nous recouvrons les villes d’affiches joyeuses et enfantines rappelant que la loi impose de consommer au minimum 1,5 fois plus pour Nowel. Vous ne couperez pas à l’envoi dans les camps du bonheur, je préfère vous prévenir.

 

Le but de ce side project est clairement de faire du live, et pour tout vous dire, au jour d’aujourd’hui, on a du pain sur la planche. On sortira dans un premier temps un quatre (ou cinq mais quatre ça sonne mieux) titres en CC afin de présenter un peu à quoi cela ressemble, pour ensuite aller chercher des soirées où nous pourrons malaxer les oreilles d’un public consentant. Vous pouvez déjà vous faire une idée, vu que les deux derniers lambeaux musicaux postés sur ce bloug étaient des premiers essais.

(Si vous voulez vous ‘rafraîchir’ les oreilles, ces morceaux sont toujours en téléchargement gratuit sur le site, Zgloub et Boule pour ne pas les nommer et encore moins pour cliquer dessus. Aller, vous allez pas rester comme ça sans cliquer dessus, hein ? )

 

Jones ajusta sa cravate et vérifia d’un rapide coup d’œil dans le miroir que lui tendait sa maquilleuse que tout allait bien. Derrière lui, des bâtiments rouges enneigés, d’où s’échappait une petite musique faîte de clochettes et de chants d’enfants. Le cameraman ajusta sa visée et commença à compter :

- Trois… Deux… Un…

- Mesdames et messieurs bonjour ! C’est Jones qui vous parle, depuis la partie ouest de la Sibérie, à quelques mètres d’un camp de Nowel, plus connus sous le nom réaliste de ‘camp du bonheur’. Vous entendez comme moi la petite musique féerique qui berce les citoyens envoyés là bas en stage de rééducation. Il est dix heures du matin et les habitants du camp sortent de leur session hebdomadaire de chants heureux, pour se diriger vers la place centrale où ils devront s’embrasser un à un en se souhaitant un joyeux nowel, ce comme tous les jours de l’année. Après un repas gras et riche, ils se retrouveront ensuite pour leur cure d’intoxication. Simulations de Nowel avec des familles entières, entraînements à la consommation dans de faux super marchés, travails faciaux du sourire béat et de l’ouverture euphorique de cadeaux, rien n’est mis de côté pour redonner à ces puants pessimistes  le goût et la simplicité de cette fête.

-Coupez.

 

Bon, il reste à finir la coupe en dévoilant le nom de ce petit projet… La recherche de celui-ci a donné lieu à un important brainstorming (une tempête de cerveaux qu’on vous dit) entre plusieurs sommités de la musique qui fait mal aux oreilles pour arriver à ce bijou de concision et de précision, attention attention :

Lona.h

C’est nul, hein ?

Oui, je sais, mais on a pas trouvé mieux.

Et puis, quelque part, ça va faire rire Matthieu, un copain à moi qui parle aux ordinateurs et qui reprogramme en C++ l’univers conscient à ses heures perdues. Du coup c’est déjà une sorte de succès, non ?

 

(Je parlais l’autre jour d’une vidéo. C’est en cours, faut juste la convertir au format Pâté et la mettre sur youtube, c’est en cours.)

 

Ha oui. Joyeux Noël, hein.

  

24.12.2006

D'ailleurs

J'aurai un chouette cadeau à mettre ici mardi prochain pour excuser cette demission numérique de trois jours, vous verrez, vous verrez, vous n'oublierez plus jamais la phrase : "Depuis combien de temps faîtes vous de la musique?"

 

 

Trève des confisseurs

et des bonbons et des prostrations et procrastinations curieuses devant arbres déguisés en herissons à pois et à paillettes jusqu'à lundi, hop.

 

youpi

 

 

ouais

 

 

super

 

 

jungle bell, jungle bell..

 

 

22.12.2006

L'exorciste administratif chapitre 8

Pom pom pom, allez, quitte à finir d'une manière cool la semaine, je vous laisse là un nouveau chapitre de mon exorciste amdinistratif après l'avoir laissé tranquille pendant trois bonnes semaines. Pour rappel, l'ensmeble des chapitres peuvent se retrouver sur le site dans la section Texticules...

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« Damien ? »

La voix d’Alan recouvrit un temps les grattements de plume de Ringo qui poursuivait son travail, sans se soucier un instant des traînées de flammes autour de ses pieds. Le jeune stagiaire répondit d’une voix fluette : « Ouuiiii ?

-Juste histoire de causer, petit, pendant que Ringo prépare le certificat… Entre nous, là, d’homme à homme, je voulais te demander : tu comptes rester longtemps perché sur mon épaule comme un singe, ou c’est juste une situation temporaire ?

-Euuhh… »

Damien s’offrit quelques secondes de réflexion, pour reprendre d’une voix posée : « C’est juste que sur le sable, on se fait brûler les pieds par les flammes, il y a les esprits qui traînent partout et on se prend des éclairs dans la tronche, c’est pas super sain, tout ça… Du coup, je me suis dit que stratégiquement, un peu plus en hauteur…

-Mon petit Damien ? » La voix d’Alan était devenue très chaleureuse, douce à l’oreille.

« Oui, chef ? », couina son homme.

« A ton avis, là, et je te le demande vraiment en toute honnêteté, j’ai vraiment besoin de connaître ton opinion là-dessus. Si j’y met vraiment toutes mes forces, est-ce que tu penses que j’arriverais à projeter ta petite gueule en plein milieu de la porte des enfers, histoire de passer le bonjour à un démon qui, ma foi, doit bien faire ses vingt mètres de haut, enfin, vingt mètres, je dis ça, c’est une approximation, hein, ou bien, penses tu plutôt que cela serait nettement au dessus de mes forces, et que je n’arriverais qu’à t’envoyer t’écraser la mâchoire dans le sable ? »

Une bruit mou et liquide.

Un clignement d’œil plus tard, Damien se tenait au garde à vous, le visage violacé, à deux mètres de son supérieur. Alan se gratta le front soucieux : « Je savais pas que tu pouvais te téléporter, petit. 

-Moi non plus chef. 

-Mouais… Ringo, t’en as encore pour longtemps ?

-Presque fini, chef » répondit le zombi d’une voix neutre sans quitter un instant son travail des yeux.

 

Une lumière curieuse commença à naître à travers le sable. Une lumière qui semblait émerger à la manière d’un liquide, dessinant une fine bande circulaire centrée sur la porte sous les pieds des exorcistes. Ringo remit à Alan le document qu’il avait fini de préparer, un certificat daté de trois mille ans avant Jésus Christ, spécifiant que la zone sur laquelle ils se trouvaient était zone neutre de toute influence démoniaque. « Et voila un faux magnifique ! », grommela Alan en souriant. La bande circulaire était maintenant bien visible sous leurs pieds, large d’un mètre, et les éclairs et flammes en provenance de la porte démoniaque semblaient disparaître au contact de cette bande pour réapparaître de l’autre côté de celle-ci.

« Chef ? 

-Oui mon petit ?

-Un truc que je ne comprends pas... Le document, c’est un faux ou c’est un vrai ?

-Un faux, bien sûr, mais un excellent faux. Je t’ai déjà expliqué que Ringo était un des meilleurs faussaires de document administratif que je connaisse.

-Oui, mais ça marche, je veux dire, enfin… » Damien perdit ses mots et commença à produire frénétiquement des bulles de salive. Alan lui tapota l’épaule et prit une voix paternelle : « Je sais, je sais, si c’est un faux, pourquoi donc cette bande blanche est elle apparut ? Elle ne pouvait pas ne pas apparaître, petit, c’est écrit sur un document administratif qu’elle est là, donc elle est là, voilà tout. Après, par contre, notre copain démon qui ne devrait pas tarder à sortir pourrait nier la validité de ce document et serait donc tenu de faire un appel d’expertise sur celui-ci. Sauf que d’une part, je le répète, Ringo est un excellent faussaire qui a déjà trompé plusieurs experts des cours de l’Enfer, et, que d’autre part, ces procédures sont extrêmement longues et pénibles, il y a des contre expertises, des contre contre expertises… Non, à mon avis, on va enfin avoir l‘occasion d’admirer le museau de notre hôte. »

La topographie des lieux était en train de changer. Le cercle blanc créé par Ringo semblait établir un barrage contre l’influence de la porte démoniaque, et l’espace en dehors du cercle oscillait entre le paysage désertique par lequel étaient arrivés nos héros, et les lieux tels qu’ils avaient du être avant les évènements. Damien laissa ses yeux se perdre sur le spectacle d’une réalité qui, prise de tressaillements, donnait l’impression qu’elle se détachait par plaques compactes qui s’écroulaient à même le sol.

« Réveille toi petit, on va avoir de la visite! ». La voix d’Alan fit tressauter le stagiaire qui, se retournant, vit la porte s’ouvrir peu à peu. De longues volutes d’une fumée noire s’échappèrent et envahirent l’espace que découpait le cercle protecteur, rendant toute vision impossible. Quelque chose était en train d’en sortir, quelque chose… mais quoi ?

Des bruits de pas dans le sable. Lents et posés.

Un grincement sourd et diffus, une odeur de souffre de plus en plus pénétrante.

Damien sentit ses boyaux résonner à l’unisson dans une même volonté de s’enfuir le plus loin possible. Impossible de distinguer quoi que ce soit à travers la fumée et pourtant, il sentait que c’était là, une force millénaire dont le simple caprice pourrait l’anéantir. L’odeur devenait de plus en plus pénétrante, portée par une brume poisseuse qui s’accrochait à sa peau, ses cheveux.

Damien tressailli sous la voix glaciale de son mentor, lancée dans le vide : « Bonjour. Alan Pointe, exorciste administratif assermenté en visite de contrôle de régularité de votre séjour sur Terre. Simple routine, bien sûr, mon seigneur. Auriez vous la bonté de faire disparaître cette fumée qui rend toute communication impossible, je vous prie ? »

Les derniers mots de l’exorciste semblèrent se figer dans la fumée, comme pris au piège. Un bruit cristallin se fit entendre. Un autre, comme celui d’un cristal qui se fend. La fumée était devenue totalement immobile, plus le moindre mouvement…

Ringo qui, jusqu’ici, s’était sagement tenu à l’écart, approcha sa main gantée de la fumée immobile et frappa celle-ci d’un coup sec.

Gling.

La fumée de fendit d’abord en deux parties, séparées par une ligne totalement droite. Chacune des parties se sépara ensuite en deux dans un éclat cristallin, et ce fut ainsi une pluie de fragments grisâtres qui s’effondra à terre, dans une cacophonie suraigue.

Le démon se tenait à un mètre d’eux et les toisait d’un regard las et fatigué. Il mesurait au maximum un mètre cinquante et ne portait qu’une simple robe de chambre à carreaux, de laquelle il sortit une pipe en bois noir qu’il alluma lentement. Sa morphologie était un croisement de chèvre et d’homme, deux petites cornes orange trônaient en haut de son crâne au dessus d’une paire de lunettes rondes.

Il toisa un temps Alan et tira trois fois sur sa pipe de longues inspirations. De petites créatures de fumée sortaient de celle-ci et s’envolaient en poussant de faibles cris aigus. Elles disparaissaient toutes au bout d’une vingtaine de seconde, se dissipant dans les airs.

« Vous êtes Alan Pointe, c’est cela, jeune homme ? ».

La voix était très grave et assurée. Il était difficile d’imaginer qu’elle puisse naître d’un corps en apparence si chétif. Alan approuva de la tête en souriant. Le démon tira à nouveau sur sa pipe, laissant une minuscule gargouille de fumée naître et aller s’accrocher à l’une de ses cornes en tirant la langue à l’exorciste et son équipe. Il la fit disparaître d’un coup de sabot et reprit avec douceur :

« Je sens que vous allez me faire chier, vous trois. »

 

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