31.01.2007
jenesuisplusici
Ou un nouveau podium numérique en carton pour présenter quelques travaux d'un de ces écorcheurs de lumière et d'ombre qui s'offrent, au mépris des lois sociales et photochimsiques en vigueur, le luxe d'être artiste avec de simples photographies, monochromes plus que colorées. Le tout se trouve là, vous n'y trouverez aucun mot, juste les âmes volées d'enfants ou de vieillards sous la lumière.



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30.01.2007
Sourire
Sourire
Un bruit de grelots, comme un reflet moqueur, au coin d’une rue de sable.
Celui qui ne sait pas ira voir et cherchera longtemps de ses yeux la source de cette farce.
Celui qui sait n’osera pas même un geste. On ne voit Sourire que s’il le désire.
Le fou rebondit contre les murs et ne comprend même plus l’espace, tant cette idée n’est plus qu’une plaisanterie éculée à ses yeux. Il s’accroche contre son rire, se tord entre deux reflets et retombera d’un éclat silencieux avant que les grelots de son chapeau ne sonnent son nom. Sourire est fils de hasard, lui-même ne veut savoir où pourraient aller ses pas de peur qu’il ne s’ennuie, il préfère oublier les chemins et rouler à l’improviste entre les danses qui s’offrent à lui.
De mémoire d’homme, jamais le fou ne s’est séparé de son hideux sourire, déformant son visage d’une cicatrice encore fraîche. Ses mots s’entrechoquent à l’orée de la raison, ils sont des billes avec lesquelles il jongle et qui s’échappent de ses lèvres brûlées. Il est les dés jetés dans le vide, il est l’instinct mauvais qui habite les hommes.
Sourire jongle avec la vie de ses sujets
Qui risquent à chaque instant de perdre leurs yeux
Si leurs mots ne se fixent pas sur ses toiles inconnues.
C’est ce que nous disons aux enfants et aux voyageurs :
Si Sourire vous offre une question
Et que ses doigts viennent vous en voler la réponse
Ne pas répondre vous fera perdre un œil
Mal répondre vous fera perdre l’autre
Si Sourire vous offre une question
Vous ne trouverez pas de raison le chemin pour lui échapper
Il faudra juste
Savoir jouer
Savoir jouer avec le don des Dieux.
17:03 Publié dans 02::Envers_Dun_Decord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.01.2007
Photochimsages de début de semaine
Histoire de commencer la semaine, trois photochimsages commis en fin de semaine dernière, à la merci des rétines de passage. Me suis remis un peu à fouiller mes vieilles photographies du Portugal, vu que celles du Pérou sont en otage à la goutte d’or.
Assez content de ces taffs là, nous progressons, Johnnson.
Sinon, les mp3 du second album étant finis, refinis, rerefinis, reste plus qu'à les filer à FourStep et attendre qu'ils les mettent en ligne.
(photographie prise à Porto durant l'été 2005, hotel décharné, avec un jeu bizarre sur la lumière à gauche)
Il est temps de lâcher les décors,
de laisser les murs et les façades s'égrener d'elles même.
Le dernier regard ayant abandonné depuis longtemps déjà ces lieux
il n’y a plus aucune raison de garder tout cela.
Laissez donc la lumière s’ébrouer messieurs, n’insistez plus
il n’y a plus rien à sauver, plus rien à chérir
il n’y a plus
qu’une vieille plaisanterie cousue d’ombre.
Les sanglots seraient déplacés, vous savez bien
qu’il ne restait que très peu de chose déjà.
(gare de métro de Lisboa, et écrits venant de nulle part en sur impression)
Jongleurs de fausses lumières, artisans du progrès, bâtisseurs de pyramides en plastique, vendeurs de métal tordu, mâcheurs de grands mots brillants et autres bateleurs grotesques costumés qui nous vendent des avenirs en images.
Amusants bouffons qui croient écrire l’histoire quand l’histoire ne cesse de les écrire.
Actually.
They could not change anything.
(Ruelle de Lisboa sous un soleil démentiel à rendre fou les passants et à accrocher leurs ombres aux pavés, le genre de lumière blafarde et brûlante qui vous empêche toute pensée et laisse fondre vos pas avant que vous n’ayez pu les battre)
10:43 Publié dans 04::Visual | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2007
Exorciste administratif : fin (chapitre 12)
Toujours pour rappel, l'ensemble de cette plaisanterie se trouve sur le site, dans la rubrique des texticules. Je me suis au final assez amusé à écrire ce truc, et je vais songer à remanier ça en quelque chose de plus sérieux et plus travaillé, à mettre en lien avec un vieux trip sur les sept cercles sur lequel j'avais travailllé il y a très longtemps.
hop
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« Vous êtes content de vous, je suppose ? »
Alan ne répondit pas, il gardait les yeux fixés sur la porte qui s’évanouissait peu à peu et le démon perché dans les airs à ses côtés. Content de lui, pas forcément, juste satisfait d’avoir fini sa journée de travail. Le démon lui envoya une gargouille de fumée s’agiter devant son visage afin d’attirer son attention :
« Dîtes moi, l’exorciste… quand vous disiez que vous aviez participé aux guerres géométriques… vous plaisantiez, n’est-ce pas ?
-Non. »
Un silence s’établit pendant lequel le démon étudia avec soin le visage d’Alan. Impossible… et pourtant, ce visage lui disait quelque chose. Il l’avait vu il y avait très longtemps lors des guerres, justement, il pouvait le jurer. Il lâcha d’une voix méfiante :
« Quel corps ?
-Brigades non euclidiennes. »
Un juron noyé dans la fumée. Cela devenait ridicule. Il aboya :
« Et de quel cercle, dans ce cas ?
-Voyez par vous-même… »
Alan avait levé la tête vers le démon en répondant cela, et un léger sourire apparu alors qu’il ouvrait nettement les yeux, desquels émanait une lueur bleue. Tom ne put empêcher un cri de surprise en comptant les anneaux brillants dans l’iris : « Sept-! »
Un nouveau silence, plus long, s’établit. La porte avait presque disparu, et de nombreuses tâches de lumières dansaient autour du démon en dévorant peu à peu sa silhouette. Un gigantesque éclat de rire agita son corps, et une petite gargouille de fumée vint embrasser la joue de l’exorciste. A celui-ci qui eut un grognement, le démon lança d’une voie amusée :
« C’est juste pour vous remercier de m’avoir épargné, Mr Pointe… Septième cercle… Il faudra que vous passiez me rendre visite un jour, vous savez, je réside un peu au nord de la cité des supplices… Je vous ferai servir un café et vous m’expliquerez pourquoi vous vous êtes convertis à la chasse aux démons de seconde zone. En vous saluant, Mr Pointe ! » Et le démon disparu dans la lumière dans un dernier éclat de rire.
Un léger rire sec parvint aux oreilles de Damien et Ringo. Le premier avait gardé les yeux grands ouverts tout le temps de l’échange. Puis la voix d’Alan, un peu amusée : « On rentre les enfants. C’était une bonne journée. ». Ils se mirent en route d’un pas lent. Sous leurs pieds, le disque blanc disparaissait aussi pour laisser place au monde tel qu’il avait été avant le passage de la porte.
11:14 Publié dans 02::Envers_Dun_Decord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.01.2007
Conscience et rue de Sèvres
Pom pom pom, les deux derniers travaux graphiques que j'ai fait ces temps ci, on va s'y remettre doucement par ailleurs...
(photographie prise rue Legendre grâce à un miroire brisé. Celui là, bordel, j'en suis fier)
Eclats et soupirs perdus
harmonie brisée et brisure harmonique
Conscience, sorcière intouchable
tu es fille de poussière
et d'un hasard malhonnête
tu jongles sur nos lèvres
une plaisanterie divine
une farce insensée.
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(photographie prise rue de Sèvres, hopital abandonné)
Knock
Knock Knock
Knock knock knock
Le temps a pris demeure dans ces murs
il attends
de rejouer les farces
du temps.
14:54 Publié dans 04::Visual | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.01.2007
Nouvelle cochonnerie électronique : boubou
Bon, hop, voici le résultat d'une ou deux soirées sur Betty, ma chtite RS7000. C'est un peu répétitif, mais ça me fait profondément marrer, ça donne envie de boire du pepsi en mâchant des nuages.
(Enfin, c'est mon avis)
Du coup, on mettra une grosse guitare qui crache dessus dans pas longtemps.
Ha, et pour rappel, la quasi totalité des illustrations du livre album sont finies, de la main de binarymind-tseu, et sont visibles sur son deviantchimse. Plus le fait que j'ai l'autorisation SDRM pour faire presser les CDs, vous allez vois qu'on va finir par y arriver.
15:30 Publié dans 01::Sound | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.01.2007
[Nouvelle stupéfiante] Les suisses ne veulent plus de Johnny
23h55, AFP : les suisses viennent de catapulter violemment notre ex veau d'or du pâté en chansons au dessus des chaines montagneuses. Selon les prévisions mécaniques prenant en compte les différentes forces gravitationelles des astres concernés et les déformations classiques et peu euclidiennes de l'espace, il devrait attérir en pleine Corrèze demain matin.
Cet acte est un conséquence directe d'une nouvelle politique du pays visant à refuser l'importation de déchets de la part de pays plus évolués, et vise ainsi à affermir son indépendance dans un contexte de plus en plus agressif.
Le ministre de l'écologie helvète a, dans un sobre communiqué, déclaré " qu'il ne fallait pas non plus [les] prendre pour des cons et que ça commence par johnny, ça finit par Indochine, et que s'[ils] n'avaient pas rejoint l'Europe, c'est qu'il y avait de bonnes raisons."
Au dela du camouflet national, se détache l'échec cuisant de notre bien aimé et ressucité Ministre de l'Intérieur (groovy les majuscules) dans sa volonté d'expulser les éléments parasitaires de la France.
On sait que celui ci avait très nettement en tête de continuer en nous débarassant de Doc Gyneco , incitant perfidement le pauvre musicien à écrire un livre, acte d'intellect qui le conduirait immanquablement à une mort cérébrale douloureuse et quelque peu baveuse mais oh combien jouissive, ne cessez pas, Joséphine.
Néanmoins, celui ci dans un bref communiqué à déclaré qu'il n'abandonnait pas pour autant, et que viendrait le jour où des colonnnes de CRS chargeraient les locaux de la Star'Ac en hurlant, et où des charters remplis de Jean Jacques Goldmann et autres découlinements iraient nous balancer tout cela dans l'Atlantique sous les hourras déchirants de la population.
23:45 Publié dans 02::Envers_Dun_Decord | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.01.2007
3 photographies du pérou
DImanche, cerveau, dimanche, cerveau, dimanche, cerveau?
Ahem.
Oui, donc trois photochimsages du pérou pour le réveil, mon chat sur les genoux qui m'empèche de bouger et pas grand chose de rémanent dans la cervelle, hop hop...
Photographie prise à Arequipa la bleue, ou du danger de faire trop joujou avec ses effets sous photoshop.
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Arequipa aussi. Cool coin, nous avions fait un deal avec un restaurateur du coin : on acceptait d'essayer de manger ses plats typiques abominables et il nous laissait monter sur les toits avec vue sur la place centrale. Classe.
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Lima, grande route boueuse à côté d'une fausse rivière pour pauvres
Bien trippée sur le thème d'onirisphère sur celle là, en fait, avec l'idée même du morceau.
Se taise le sens, hors de sensation
ressenetz mes couleurs
le mot rève endort
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Bon, sinon, entre autres choses, deuxième morceau du troisième album commencé, et un nouveau Lona.h d'ici à mardi, plus deux concerts prévus en mars sur Paname, on en reparlera.
(retourne sur son café)
11:47 Publié dans 04::Visual | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.01.2007
L'exorciste administratif chapitre 11
« Messieurs… »
Alan gardait les yeux plaqués sur la petite aiguille de sa montre.
« Votre attention je vous prie… »
Dans une dizaine de couvents situés aux alentours, à moins d’une centaine de kilomètre de la porte, un même rituel se produisit. Une sœur chargée aux communications reçut le message d’Alan Pointe et le transmit en urgence à sa mère supérieure. Dans les cinq minutes qui suivirent, les plus lourdes sœurs du couvent se rassemblaient dans le cloître, au garde à vous, selon une figure préparée de nombreuses fois en exercice.
Un sourire se dessina sur le visage d’Alan : « Dix…Neuf… »
Damien, pris de panique, tenta de creuser un trou à l’aide du bras de Ringo afin de s’enfouir sous terre.
« Huit…Sept… »
Ringo récupéra son membre des mains du jeune stagiaire d’un geste rageur.
« Six…Cinq… »
Dans chaque couvent, face à ses troupes, la mère supérieure leva le bras. Face à elle, ordonnées en cercles concentriques, l’élite des plus pesantes religieuses du couvent retint son souffle.
« Quatre…Trois… »
Le signal est lancé. En chaque cloître, de toutes leurs forces, les sœurs prirent leur élan et s’élancèrent dans les airs, parfaitement synchronisées entre elles, une même prière aux lèvres.
« Deux…Un… »
Au même instant, les sœurs atterrirent violemment sur le sol. Sous le choc, le globe terrestre descendit à grand fracas d’une dizaine de centimètres. Situés au centre de gravité de la poussée, nos trois héros ressentirent la descente de l’astre comme une minuscule fin du monde, et virent la porte des enfers rester immobile dans les airs alors que le sol s’enfonçait en un instant.
Le disque blanc réagit presque immédiatement, le temps d’un souffle, il s’était étendu jusqu’à recouvrir l’ensemble du désert de sa surface. Un sourire discret sur le visage d’Alan. L’air se purifiait à vue d’oeil, et des éclairs qui parcouraient le sable, il ne restait que quelques traces à la gouache dans l’air.
Un hurlement aigu et métallique retentit en provenance de la porte.
11:46 Publié dans 02::Envers_Dun_Decord | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2007
L'exorciste administratif chapitre 10
Pour rappel, les 9 premiers chapitres de cette plaisanterie sont sur le site, www.lonah.net
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Quelques secondes tombèrent sur le sable en agitant le silence.
« On fait quoi, maintenant, chef ?
-On se partage le boulot, petit, avec de l’ordre, et de la discipline. La première étape va être de remplir totalement la bande circulaire créée par Ringo afin d’en faire un disque » dit il en tapant du pied sur la surface blanche et cristalline. « Ringo ?
-Pas de gros problème en soi, chef. J’ai pris soin, sur le certificat définissant cette zone comme neutre, de ne poser aucune précision sur la matière dont celle-ci était constituée, et le document a toujours cours de légalité. » Le zombi offrit un sourire gris à son supérieur qui le lui rendit avec plaisir, sous les yeux curieux de Damien. « Par contre… C’est du sable, ça ne va pas couler tout seul. »
Alan flanqua une gigantesque claque dans le dos de son stagiaire qui l’envoya s’enfoncer le crâne jusqu’au cou dans le sable : « Aucun problème, on a un stagiaire qui ne demande qu’à utiliser ses petites mimines pour sauver le monde, pas vrai Damien ? »
Le corps enfoui produisit quelques bulles d’assentiment.
« Bien ! Je te laisse t’occuper de ça, Ringo, je dois m’occuper d’un détail ou deux en attendant. »
Alan s’éloigna à l’extérieur du cercle et commença à prendre des mesures à l’aide d’un compas métallique et d’une sphère en cristal qui venaient d’apparaître dans ses poches. Damien, lui, réussit à s’extraire du sable après plusieurs essais et se dirigea vers Ringo qui était affairé à compléter le document officiel qu’il avait rédigé à leur arrivée.
« Vous faîtes quoi, là ?
-Je rajoute juste une ligne ou deux.
-C’est le certificat posant le disque blanc comme zone neutre, c’est ça ? » Il tapa du pied sur la surface blanche. « Et ?
-Et bien, mon cher Damien » répondit Ringo sans s’arrêter un seul moment d’écrire, « Je compte juste la modifier un peu. Ce document à une valeur légale, n’est-ce pas. Et je suis un des meilleurs faussaires de la planète. Voilaaa, ça commence à faire effet. »
Damien regarda le disque sous ses pieds. Rien ne semblait avoir changé, hormis qu’il semblait parcouru de curieuses oscillations, lentes et visqueuses. Il réalisa que ses pieds traversaient le disque comme si celui ci était composé de crème faiche. Ringo acheva la dernière phrase en lettres d’or de son parchemin, puis, tint le papier devant lui et le lut entre ses dents : « Blablabla… En vertu des jurisprudences propres à la définition d’une zone neutre de toute influence magique aux axes de coordonnées 121|13|256|17, il est arrêté que la consistance de celle-ci sera celle d’un liquide de densité 0/32. » Il sorti de sa poche un petit pot de vernis à bois, un pinceau, et commença à s’enduire le visage tout en souriant : « Parfait ! A toi de jouer, petit… L’idée, c’est qu’il faut étaler la surface de la bande sur laquelle tu as les pieds pour en faire une crêpe sans le moindre trou. Moi, j’ai fini mon taff. »
Damien remua mollement les pieds. Il avait l’impression de marcher dans une grande flaque de mélasse. Le cœur au bord des lèvres, il commença à étaler le liquide blanc immaculé vers l’intérieur du cercle en bougonnant.
Alan revint vers le disque d’un pas assuré, contempla un temps son stagiaire étaler lentement le contenu du disque pour ensuite se retourner vers Ringo. Celui-ci avait délaissé son vernis et était occupé à se repeindre le visage d’une belle couleur rose. « Toujours soucieux de ton apparence ? » lâcha l’exorciste.
« Il faut bien patron, il faut bien. » Il lâcha son pinceau et sortit un crayon de charbon pour se redessiner le contour des yeux. « Je suis le premier à déplorer à quel point les mort vivants négligent leur apparence de nos jours. Même les vampires se relâchent, c’est dire… Comme quoi la mort dispenserait de s’occuper de soi et ce genre de connerie.
-Je vais avoir besoin de quelques messagers. Tu peux me fournir ça ? »
Ringo arrêta net son maquillage et fusilla Alan du regard : « Ca commence à bien faire ! Et bien non ! Niet ! De toute façon, je me désinfecte deux fois par jour, alors je –
-Ringo… » Un lourd regard ironique écrasa implacablement le zombi.
« Mais merde à la fin… » La voix du zombi devenait suppliante. « Vous avez cent milles technologies qui
-Qui ne marchent pas en zone démoniaque, tout à fait. Il m’en faudrait une petite dizaine, à destination des couvents aux alentours. »
Ringo jeta un dernier regard empli de colère, puis abandonna visiblement toute envie de lutter avec l’exorciste. Il se tourna pudiquement, s’enfonça le bras dans la bouche jusqu’à l’épaule, tressaillit une ou deux fois en tentant tant bien que mal de dissimuler de petits cris de plaisir, et ressortit sa main gantée avec à l’intérieur une dizaine de vers blanchâtres. Alan accrocha à chacun un minuscule message et les laissa s’enfoncer prestement dans la terre.
Il faudra une dizaine de minutes pour que chacun arrive à destination, pensa-t-il. Parfait. Il se tourna vers son stagiaire qui avait péniblement réussi à recouvrir un tiers de la surface et lui lança : « Hep ! Petit ! Pas que je veuille t’exploiter, hein, mais il faudrait aller un peu plus vite ! »
Damien tourna vers son mentor un regard désespéré et cria : « Impossible, chef, le liquide est trop dense, et je n’ai que mes mains. Il me faudrait une pelle.
-Je t’arrange ça. »
« Non… ». Alan se tourna doucement vers Ringo et le regarda longuement. Une plainte naquit au fond de la gorge du mort-vivant. « Non… s’il te plait… pas ça…
-On a pas vraiment le choix, Ringo.
-J’en ai marre… » Si son corps lui avait permit de pleurer, nul doute qu’il aurait éclaté en sanglots. « A chaque fois c’est la même chose ! Gnagnagna, tu es un zombi donc c’est pas grave ! Et après, c’est deux semaines de menuiserie pour refaire les jointures ! Et les finitions, et il faut ensuite »
Damien sursauta. La litanie du zombi avait été interrompue par un bruit peu agréable. Comme si on avait arraché d’un coup un morceau d’un filet de viande avariée. Il n’osa pas se retourner.
Puis la voix d’Alan : « Utilise ça, petiot, tu gagneras du temps ».
Un bruit mat dans le sable à ses côtés. Damien vomit avec obstination avant d’arriver à saisir le bras arraché de Ringo qui avait atterrit à côte de lui et de pouvoir s’en servir.
Dix minutes plus tard, Damien recouvrit le dernier centimètre carré de surface. A l’instant où le dernier interstice par lequel on distinguait encore le sable se ferma, le disque commença à résonner étrangement, battant d’une pulsation qui lui était propre. Il semblait soumis à une pression extrêmement violente. Il entendit le craquement d’une allumette derrière lui, et reconnut l’odeur du tabac qu’affectionnait Alan. Celui-ci énonça d’une voix grave :
« La nature a horreur du vide et le vide a horreur de la nature, petit. Tu sens cette force ? Le disque est poussé par les lois fondamentales à s’étendre aussi loin que possible, mais cela lui est interdit tant que la porte des enfers est là. Les deux représentent des forces totalement incompatibles à la surface du globe. Il suffirait que la porte se soulève d’un centimètre pour que le disque recouvre toute la zone en un clin d’œil et purifie celle-ci de toute influence.
-Et du coup, on fait quoi, chef ?
-Tu te rappelles que ce blaireau de démon a déplacé sa porte pour sortir du cercle ?
-Voui.
-D’ordinaire, quand un diable s’établit chez nous, il prend soin de correctement amarrer sa porte à la terre afin d’éviter toute surprise. Et en ce moment même, il doit être en train de renouer les attaches une à une. Sauf qu’on ne va pas lui laisser le temps de finir son petit boulot.
-Chef ?
-Oui mon petit ?
-Ca se soulève comment, une porte des enfers ? »
Alan eut un sourire inquiétant et regarda sa montre. « Tu vas le savoir d’ici exactement huit minutes, petit. Je t’ai déjà dit que l’on mettait dans nos couvents officiels les plus grosses femmes de côté pour former un certain corps d’élite? Et tu crois vraiment que ça ne mange que de la salade, une femme qui consacre sa vie à Dieu ? »
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